8h20, devant la porte de la petite section. Léa a 3,5 ans, elle a fait sa première rentrée (qu’elle attendait tant) en maternelle cette année, et depuis, chaque matin ressemble au précédent. Elle s’accroche à la jambe de sa mère, la voix chevrotante, les larmes qui montent avec. Sa mère s’accroupit, lui répète que tout va bien se passer, qu’elle sera là à 16h30, qu’elle l’aime très fort. Elle le dit une fois, puis une deuxième, en changeant les mots pour que ça rentre mieux. La maîtresse s’approche, tend les bras, propose d’aller voir les copains ensemble. Léa hurle plus fort. La mère hésite, retourne vers elle, la prend contre elle deux minutes de plus, puis trois, puis cinq, avant de repartir vers la porte, la petite dans une crise de panique terrible, elle le cœur en vrac.
Ce petit théâtre dure depuis trois semaines. Chaque soir, en rentrant du travail, les parents de Léa se demandent ce qu’ils font de travers. Ils ont lu qu’il fallait rassurer, alors ils rassurent. Ils ont lu qu’il fallait expliquer, alors ils expliquent. Pourtant, ça ne s’arrange pas. Ça empire, même, certains matins.
Pourquoi rassurer sans cesse son enfant ne calme rien
La mère de Léa rassure. Elle répète que tout va bien se passer, elle explique le programme de la journée, elle promet l’heure du retour, elle reste un peu plus longtemps si les pleurs redoublent. Rien de tout cela ne sort de nulle part, c’est exactement ce que recommandent la plupart des ressources pour parents, celles qui conseillent de chercher la cause, d’instaurer des rituels rassurants. Sur le papier, ça semble imparable. Un enfant qui a peur, on le rassure. Et ceci répond clairement et avec succès aux besoins d’un certain nombre d’enfants.
Mais lorsque cela s’avère inefficace, on peut questionner la récurrence et le timing de ces conseils. Quand la réassurance devient systématique, qu’elle se déclenche pile quand l’enfant pleure ou s’agrippe, elle finit par devenir moins une réponse à l’émotion du moment ou un climat de sécurité installé en amont, qu’un rituel calé sur l’intensité des pleurs. Et un parent qui revient vers son enfant en larmes, qui prolonge son départ, qui explique une troisième fois ce qu’il vient d’expliquer deux fois, envoie malgré lui un message contraire à son intention.
L’enfant reçoit le message que la situation doit effectivement être préoccupante, puisqu’elle mérite tant d’attention en retour.
Personne ne fait ça par excès d’amour mal placé, ni par manque de bon sens. Ce sont même souvent les parents les plus attentifs aux émotions de leur enfant qui multiplient ces gestes, justement parce qu’ils prennent sa détresse au sérieux. Le problème se loge plutôt dans une idée reçue, celle qu’une émotion forte appellerait une réponse à la même hauteur. Pour l’angoisse de séparation, c’est souvent l’inverse qui aide, un cadre stable et prévisible, qui ne bouge pas selon l’intensité des pleurs du jour.
Ce que l’angoisse de séparation dit vraiment
L’anxiété ou l’angoisse de séparation est une étape développementale banale, documentée depuis longtemps, qui touche la quasi-totalité des enfants entre 6 mois et 6 ou 7 ans, avec des pics variables selon les enfants. Elle est même plutôt bon signe, puisqu’elle montre que l’enfant a construit un attachement solide à ses figures de référence, et qu’il a compris qu’elles existent même hors de son champ de vision. Ce n’est donc pas que l’enfant ressente cette angoisse qui pose souci, mais plutôt ce qui se met en place autour d’elle une fois qu’elle s’installe pour de bon.

Marie Gallé-Tessonneau, docteure en psychologie et spécialiste du refus scolaire anxieux à l’université de Bordeaux, rappelle qu’un enfant de maternelle a un cerveau encore très immature, loin d’être achevé sur le plan de la régulation émotionnelle, du langage ou de la motricité. Il doit pourtant se séparer chaque jour de ses parents, de sa fratrie, éventuellement de son doudou, de tout ce qui constitue ses repères affectifs, et tenir une journée entière dans un environnement plein de règles implicites qu’il ne maîtrise pas encore (attendre son tour, ne pas parler en même temps que les autres, se conformer à un rythme collectif). Le simple fait d’entrer en maternelle représente déjà, pour un cerveau de 3 à 5 ans, un effort considérable. Il n’est pas anodin qu’un enfant né en janvier, qui a près d’un tiers de vie en plus qu’un enfant né en décembre de la même année scolaire, aborde cette même journée avec des ressources très différentes.
L’accommodation parentale
Ce qui transforme cette angoisse banale en dynamique installée, en revanche, n’a rien d’anodin. La littérature clinique lui donne même un nom, l’accommodation parentale. Le psychologue Eli Lebowitz et son équipe, au Yale Child Study Center, ont étudié ce phénomène chez des dizaines de familles d’enfants anxieux. Il désigne l’ensemble des ajustements que les parents font, souvent sans même s’en rendre compte, pour éviter ou réduire la détresse de leur enfant : modification des routines, participation active aux rituels de réassurance, présence prolongée. Leur étude de 2013 est nette sur ce point. Parmi tous les troubles anxieux étudiés chez l’enfant, c’est l’anxiété de séparation qui est la plus fortement associée à ce type d’accommodation. Autrement dit, ce n’est pas un hasard si les parents d’enfants qui pleurent à la séparation sont justement ceux qui ajustent le plus leur comportement en retour.
Florida International University / University of Miami, 1991
Ce que révèle une expérience sur les adieux répétés
Dans les années 1990, les chercheurs Jacob Gewirtz et Martha Pelaez-Nogueras ont mené un programme de recherche sur des nourrissons de 6 à 9 mois, en observant sur plusieurs semaines comment leurs pleurs de séparation évoluaient selon la façon dont les mères y réagissaient au moment du départ. Leur hypothèse : la fréquence de ces protestations n’est pas seulement le signe d’un attachement, elle dépend aussi de ce que la réaction du parent enseigne à l’enfant, séance après séance.
Le résultat est net. Quand les pleurs obtenaient systématiquement une réaction du parent, retour, câlin, parole rassurante, leur fréquence augmentait. Quand cette réaction devenait moins systématique, elle diminuait. Autrement dit, ce n’est pas seulement que les pleurs entraînaient de la réassurance. C’est que la réassurance, quand elle répondait directement aux pleurs, entretenait et amplifiait les pleurs eux-mêmes.
Gewirtz, J.L. & Pelaez-Nogueras, M. (1991). The attachment metaphor and the conditioning of infant separation protests. Dans J.L. Gewirtz & W.M. Kurtines (Éds.), Intersections with Attachment (pp. 123-144). Hillsdale, NJ : Erlbaum.
Rassurer ou consoler n’est pas toujours le problème
Il serait tentant, à ce stade, de conclure qu’il ne faut plus jamais consoler un enfant qui pleure à l’école. Ce serait une caricature dangereuse.
La chaleur et la disponibilité affective des parents restent, dans la plupart des études sur le sujet, associées à un meilleur ajustement de l’enfant.
Ce qui pose problème n’est pas la présence rassurante en tant que telle, mais sa forme, réactive, prolongée, systématiquement déclenchée par l’intensité de la protestation.
Une étude plus récente de Katherine Phillips, Lesley Norris et Philip Kendall, menée sur 186 jeunes de 7 à 17 ans suivis en clinique d’anxiété, apporte une nuance précieuse. Elle montre que tous les niveaux d’anxiété de séparation ne sont pas associés à l’accommodation de la même façon. Ce sont les profils les plus intenses et les plus envahissants, ceux où l’anxiété interfère vraiment avec le fonctionnement quotidien, qui sont liés à une accommodation parentale élevée.
Il existe par ailleurs un facteur documenté qui va dans le même sens. Le psychologue Jeffrey Wood a étudié 40 familles d’enfants de 6 à 13 ans diagnostiqués avec un trouble anxieux, et développé une mesure de ce qu’il appelle l’intrusivité parentale, soit la tendance à prendre en charge à la place de l’enfant des tâches qu’il pourrait accomplir seul : lui mettre son manteau alors qu’il sait le faire, répondre pour lui quand on lui pose une question, intervenir dès les premiers signes d’un petit conflit avec un copain. Résultat marquant, cette intrusivité est liée spécifiquement à une plus forte anxiété de séparation. Le soutien et l’autonomie ne s’opposent pas, ils fonctionnent ensemble : un parent peut rester pleinement chaleureux et présent tout en laissant à l’enfant la place d’essayer seul.

Le regard systémique sur les pleurs du matin
Vu sous l’angle de la thérapie brève systémique, la mère de Léa met en place des tentatives de solution qui s’avèrent inopérantes. Face à un problème (l’enfant qui pleure), le parent met en place une réponse des plus logiques (rassurer davantage), et celle-ci, répétée, finit par devenir une partie du problème qu’elle cherchait à résoudre. Plus l’enfant pleure, plus le parent rassure ; plus le parent rassure au moment des pleurs, plus l’enfant apprend que ses pleurs obtiennent une réponse disproportionnée, et donc que la situation mérite bien cette réponse.
L’école de Palo Alto appelle ce type de boucle un cercle vicieux, pris dans un système où chacun répond logiquement à ce que fait l’autre, quitte à se mettre en échec.
Dès lors, le déplacement qui peut tout changer ne consiste pas à aimer moins, ni à devenir plus froid.
Il s’agit plutôt de faire un pas de côté, de sortir de la logique où l’intensité de la réponse est calée sur celle de la protestation, pour installer à la place un cadre fixe et prévisible, qui ne varie pas selon que l’enfant pleure fort ou pas du tout ce matin-là.
Ce déplacement, aussi minime paraisse-t-il, change ce que l’enfant apprend chaque jour sur sa propre capacité à traverser la situation.
Première rentrée : que faire concrètement à chaque départ
Concrètement, à quoi ça ressemble ? Plusieurs leviers, documentés indépendamment les uns des autres, pointent dans la même direction.
Une étude israélienne menée par Pnina Klein et ses collègues, en observant pendant trois mois des familles au moment de l’entrée en crèche, a identifié deux stratégies tout aussi inefficaces l’une que l’autre : le départ précipité pendant que l’enfant est distrait, et le fait de s’attarder, notamment pour discuter avec la personne qui accueille l’enfant une fois que les adieux sont faits.
Premier levier : un rituel d’au revoir fixe, répété à l’identique chaque matin, ni écourté ni prolongé.
AU LIEU DE
Tester une nouvelle méthode chaque matin, comme discuter deux minutes avec la maîtresse après avoir dit au revoir à son enfant : avec un peu de chance, ça lui laisse le temps de se calmer (spoiler : ça n’arrive jamais).
ESSAYER
Ranger le sac ensemble, un bisou, la même phrase à chaque fois (« à ce soir, mon lapin »), puis partir.
Toujours dans cet ordre, toujours aussi court, larmes ou pas. Une fois le dernier geste fait, le rituel est terminé.
Deuxième levier : annoncer le départ une seule fois, clairement, sans le renégocier. Les travaux de Jacob Gewirtz et ses collègues, puis leur reprise récente par Martha Pelaez et Gary Novak à propos des rentrées post-pandémiques, vont dans le même sens. Plus les explications se répètent ou s’allongent pendant que l’enfant proteste, plus elles risquent de renforcer la protestation elle-même. Une phrase courte, dite une fois, suivie d’un départ sans hésitation, est plus efficace qu’une négociation qui s’étire.
AU LIEU DE
Attends, je t’explique encore une fois pourquoi je dois partir, ce que tu vas faire ce matin, et à quelle heure je reviens…
Le tout après avoir fait le 3e « dernier calin » du matin.
ESSAYER
Je pars maintenant. Je reviens à seize heures trente. Je t’aime.
Troisième levier : plus subtil, il consiste à donner à l’enfant une responsabilité concrète dès l’arrivée plutôt que de prolonger le réconfort. Un enfant à qui l’on confie une petite tâche, ranger son sac, aider à préparer une activité dans la classe, retrouve plus vite un ancrage actif que celui qu’on continue de câliner sur le pas de la porte. Ce n’est pas un hasard si l’étude de Jeffrey Wood identifie justement l’excès de prise en charge, l’inverse de ce petit geste d’autonomie, comme spécifiquement lié à l’anxiété de séparation.
Ecouter ses émotions et l’aider à se projeter
Tout ceci ne concerne que l’instant du départ lui-même. Rien n’interdit d’écouter les craintes de l’enfant, de discuter avec lui de ce qui l’inquiète, ou de lui raconter à l’avance comment va se dérouler sa journée. Ceci a toute sa place, et c’est même précieux. Le bon moment pour ce genre d’échange, c’est le calme du soir, un trajet en voiture, un dimanche après-midi, pas les deux minutes tendues devant la porte de la classe. Une conversation qui a lieu loin du pic de la protestation construit de la sécurité. La même conversation, répétée pendant que l’enfant pleure au moment de partir, risque de faire l’inverse.
- Revenir vers l’enfant si les pleurs redoublent après le départOn revient pour un dernier câlin parce que les pleurs s’intensifient au moment de la porte.
- Prolonger la conversation avec l’enseignant après avoir dit au revoirOn papote encore deux minutes sur le seuil, en pensant que ça rassure, pendant que l’enfant reste suspendu à l’attente du vrai départ.
- Répéter les explications pendant que l’enfant protesteOn réexplique une troisième fois le programme de la journée pendant que l’enfant hurle, en espérant que ça calme.
- Un rituel d’au revoir fixe et brefLe même geste, la même phrase, chaque matin, qu’il y ait des larmes ou non.
- Annoncer le départ une seule fois, puis partir« Je pars maintenant, je reviens à seize heures trente », dit une fois, sans négociation.
- Confier une petite responsabilité dès l’arrivée« Tu peux ranger ton sac dans le casier pendant que je dis bonjour à la maîtresse. »
- L’accommodation parentale, documentée par Eli Lebowitz, est particulièrement associée à l’anxiété de séparation parmi tous les troubles anxieux de l’enfant.
- Une réassurance qui répond systématiquement à l’intensité des pleurs peut entretenir ces pleurs, comme l’ont montré Jacob Gewirtz et Martha Pelaez-Nogueras dès les années 1990.
- Un rituel d’au revoir fixe, ni écourté ni prolongé, réduit le stress de la séparation, selon les travaux de Pnina Klein et ses collègues.
- L’intrusivité parentale, qui prend en charge à la place de l’enfant ce qu’il pourrait faire seul, est spécifiquement liée à l’anxiété de séparation, d’après les travaux du psychologue Jeffrey Wood.
Le cadre qui aide n’est pas plus froid : il est simplement plus stable et donc plus sécurisant, qu’il y ait des larmes ce matin-là ou pas.
Et vous, y a-t-il, dans votre rituel du matin, un geste que vous ne faites que lorsque les pleurs redoublent ? Lequel, et depuis quand ?
Questions fréquentes
Pourquoi mon enfant pleure-t-il tous les matins pour aller à l’école ?
Dans la grande majorité des cas, ces pleurs répétés traduisent une angoisse de séparation, un phénomène développemental normal qui touche presque tous les enfants entre l’âge de 6 mois et 6 ou 7 ans. Ils ne signalent pas un problème d’éducation ni un trait de caractère anxieux permanent. Ce qui les fait durer plusieurs semaines, en revanche, mérite d’être regardé de près, le rituel du matin, la façon dont l’entourage réagit à l’intensité des pleurs, la stabilité ou non du cadre proposé. Un enfant qui pleure à la rentrée n’a généralement besoin ni d’être forcé ni d’être surprotégé, mais d’un cadre calme et constant, qu’il pleure fort ou pas du tout ce jour-là.
À quel âge disparaît l’angoisse de séparation ?
Elle apparaît généralement entre 6 et 12 mois, atteint souvent son pic vers 18 mois, puis s’atténue progressivement entre 4 et 5 ans selon les enfants. Elle peut ressurgir ponctuellement lors de transitions importantes, comme l’entrée en maternelle, un changement de classe ou d’école, sans que cela signifie un trouble installé. Chaque enfant a son propre rythme : deux enfants du même âge peuvent traverser cette étape très différemment selon leur tempérament et leur environnement. Si les pleurs et le refus scolaire persistent intensément au-delà de plusieurs semaines et interfèrent nettement avec la scolarité, il est raisonnable d’en parler à un professionnel plutôt que d’attendre que ça passe tout seul.
Faut-il laisser mon enfant pleurer sans intervenir ?
Non, il ne s’agit pas d’ignorer les pleurs, mais de changer le moment et la forme de la réponse. La chaleur et la disponibilité affective restent essentielles. Ce qui pose problème, c’est une réassurance qui se déclenche en réponse directe à l’intensité de la protestation, et qui se prolonge en fonction de cette intensité. Un enfant a besoin de sentir que ses parents sont là pour lui avant le départ, dans un rituel stable, pas nécessairement pendant le pic de la crise, au moment où rester plus longtemps ou revenir en arrière risque justement d’entretenir cette crise plutôt que de l’apaiser.
Quelle différence entre angoisse de séparation et phobie scolaire ?
L’angoisse de séparation concerne la peur d’être éloigné des figures d’attachement, quel que soit le lieu concerné. Elle peut se manifester à l’école, mais aussi chez une nourrice ou lors d’une soirée chez des amis. La phobie scolaire, ou refus scolaire anxieux, est plus spécifiquement liée à l’école elle-même, et peut avoir des origines variées : harcèlement, pression scolaire, anxiété sociale, parfois anxiété de séparation sous-jacente. Les deux peuvent coexister, et la distinction importe surtout pour orienter l’accompagnement vers la bonne piste.
Rester plus longtemps avec mon enfant le matin peut-il aggraver la situation ?
Paradoxalement, oui, dans certains cas. Ce qui semble la réponse la plus aimante, prolonger sa présence tant que l’enfant pleure, peut envoyer un message implicite contraire à l’intention : que la situation est si grave qu’elle justifie cette prolongation. L’enfant apprend alors que ses pleurs modifient le comportement du parent, ce qui peut renforcer leur intensité et leur fréquence dans la durée, sans que personne ne l’ait voulu. Un cadre stable et prévisible, qui ne varie pas selon l’intensité de la réaction de l’enfant, aide davantage à long terme qu’une présence qui s’ajuste au niveau de détresse exprimé.
Le doudou ou un objet transitionnel aide-t-il vraiment ?
Oui, pour de nombreux enfants, un objet familier apporté de la maison peut apaiser une partie de la détresse au moment de la séparation, en offrant un point de continuité entre les deux environnements. Ce n’est cependant pas une solution universelle ni suffisante à elle seule, il fonctionne mieux intégré dans un rituel d’au revoir stable que comme unique réponse aux pleurs. Certaines écoles préfèrent garder l’objet à disposition dans le sac plutôt que dans les mains de l’enfant toute la journée.
Quand faut-il consulter pour une angoisse de séparation ?
Une consultation se justifie lorsque les pleurs et le refus scolaire durent depuis plusieurs semaines sans amélioration, s’intensifient plutôt que de s’atténuer, s’accompagnent de symptômes physiques répétés (maux de ventre, troubles du sommeil), ou interfèrent nettement avec la scolarité et la vie familiale. Un thérapeute pourra distinguer une angoisse de séparation banale d’un trouble plus installé, et proposer un accompagnement adapté, notamment l’approche systémique, qui regardera aussi le rôle des parents dans le maintien ou la réduction de l’anxiété.
Est-ce ma faute si mon enfant a du mal à se séparer de moi ?
Non. L’angoisse de séparation n’est causée ni par un attachement trop fort ni par une erreur éducative isolée, c’est une étape développementale que traversent, à des degrés divers, la quasi-totalité des enfants. Ce qui peut entretenir cette angoisse dans la durée, ce sont des dynamiques relationnelles ordinaires, mises en place avec les meilleures intentions du monde, pas une faute des parents. Comprendre ce mécanisme n’est pas une accusation, c’est une information qui permet d’ajuster ce qui peut l’être, sans culpabiliser sur ce qui, au fond, relève simplement du développement normal de l’enfant.
- Marie Gallé-Tessonneau – docteure en psychologie, spécialiste du refus scolaire anxieux
- Anxiété de séparation maternelle et le développement social de l’enfant — Devenir, 2014
- Rentrée scolaire : mon enfant pleure encore tous les matins, que faire ? – La Maison des Maternelles
- Les comportements des élèves en maternelle | les vidéos experts ÊtrePROF
- La Matrescence, Épisode 265 – Comprendre le refus scolaire et l’anxiété – Marie Gallé-Tessonneau, psychologue
- Lebowitz, E.R., Woolston, J., Bar-Haim, Y., Calvocoressi, L., Dauser, C., Warnick, E., Scahill, L., Chakir, A.R., Shechner, T., Hermes, H., Vitulano, L.A., King, R.A. & Leckman, J.F. (2013). Family accommodation in pediatric anxiety disorders. Depression and Anxiety, 30(1), 47-54.
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Ce qui est décrit ici, ce sont des tendances observées, des illustrations, pas une marche à suivre et encore moins un diagnostic. Ce qui a déjà été tenté chez vous, ce qui a marché un temps puis plus du tout, ce que vous n'osez plus proposer parce que la dernière fois ça a mal tourné, tout ça compte plus que n'importe quel article. Et changer une dynamique installée depuis des mois, en étant soi-même pris dedans, c'est rarement aussi simple que sur le papier. C'est même souvent là qu'un regard extérieur change la donne.


