Phobie scolaire Problématiques fréquentes
Un enfant qui aimait l’école jusque-là se met, un matin, à ne plus pouvoir en franchir la porte. Nausées, maux de ventre, crise d’angoisse. Ce n’est ni un caprice ni un désintérêt soudain : c’est souvent le signe d’un mécanisme précis, que les cliniciens appellent aujourd’hui le refus scolaire anxieux, plus connu du grand public sous le nom de phobie scolaire.
Le terme de phobie scolaire est repris et critiqué dès 1974 par le neuropsychiatre Julian de Ajuriaguerra, qui le définit comme le cas d’enfants qui, pour des raisons irrationnelles, refusent d’aller à l’école et réagissent par une anxiété très vive, voire de la panique, quand on essaie de les y forcer. Cette définition fait toujours référence en France. Depuis, les professionnels lui préfèrent le terme de refus scolaire anxieux (RSA), qui décrit mieux le mécanisme réel : ce n’est généralement pas l’école elle-même qui fait peur, mais une anxiété sous-jacente, séparation, situations sociales, évaluation, parfois harcèlement, dont l’école devient le lieu d’expression, pas la cause profonde.
Un enfant en refus scolaire anxieux ne refuse pas d’apprendre : il aime souvent l’école. Ce qui le bloque, c’est une anxiété qui se déclenche au moment d’y aller, et dont la véritable origine peut être une situation problématique dans la cour d’école, une évaluation, une inquiétude familiale, etc.
- Un enfant somatise le matin avant l’école (maux de ventre, nausées) mais ces symptômes disparaissent souvent le week-end ou pendant les vacances : signe classique d’une angoisse situationnelle, pas à un rejet du contenu scolaire.
- Un adolescent en refus scolaire anxieux est souvent en mesure de continuer à suivre les cours à distance ou de travailler seul chez lui, ce qui montre que le rapport à l’apprentissage reste intact, contrairement à un désintérêt scolaire.
- Un enfant qui multiplie les absences sans angoisse manifeste, sans somatisation, et sans intérêt renouvelé pour rattraper les cours manqués, relève plus probablement d’un autre mécanisme : le décrochage.
En Thérapie brève systémique et stratégique, distinguer le refus scolaire anxieux du décrochage change complètement l’approche : dans le premier cas, le travail porte sur l’angoisse et les tentatives de solution de l’entourage qui l’entretiennent parfois sans le vouloir ; dans le second, la question est ailleurs.
À ne pas confondre avec
Le décrochage scolaire : le décrochage se caractérise par un désintérêt progressif, un absentéisme de convenance ou lié à un trouble de l’apprentissage, sans la peur propre au refus scolaire anxieux.
Voir aussi dans le glossaire
- Harcèlement scolaire Problématiques fréquentes
- Tentative de solution Concepts Palo Alto
