Burn-out parental Problématiques fréquentes
Longtemps, dire qu’on était épuisé d’être parent relevait presque de l’aveu honteux. On félicite les jeunes parents, mais on ne leur souhaite pas bon courage. Pourtant, un nombre croissant de parents se reconnaissent dans un état bien précis : une fatigue qui ne se répare plus par le sommeil, une distance qui s’installe avec leurs enfants sans qu’ils la choisissent, et l’impression de ne plus être à la hauteur d’un rôle pourtant très attendu.
Ce syndrome porte un nom : le burn-out parental. Les chercheuses belges Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak, de l’UCLouvain, en posent les bases scientifiques à partir de 2017, avec la validation du premier outil de mesure spécifique, le Parental Burnout Inventory (Roskam, Raes & Mikolajczak, 2017, Frontiers in Psychology). Leurs travaux montrent que le phénomène touche entre 5 et 8 % des parents dans les pays occidentaux, et qu’il se distingue nettement de la dépression, qui affecte tous les domaines de vie, et du burn-out professionnel, centré sur la sphère du travail : ici, l’épuisement est spécifique au rôle parental.
Le burn-out parental n’est ni un manque d’amour pour son enfant, ni une faiblesse : c’est l’épuisement d’un rôle quand les ressources disponibles ne suffisent plus face à ce qu’il exige.
- Un parent en burn-out peut continuer d’aimer profondément son enfant tout en ressentant une distance émotionnelle qu’il ne se reconnaît pas et dont il a honte.
- Contrairement à une déprime passagère, le burn-out parental s’installe sur la durée, souvent nourri par un sentiment d’isolement et par des attentes sociales très élevées sur ce que doit être « un bon parent ».
- Il touche aussi bien les mères que les pères, même si les études actuelles recensent une majorité de mères parmi les parents concernés, environ deux tiers contre un tiers, un écart que les chercheuses attribuent en partie à une socialisation différente au rôle parental plutôt qu’à une différence de vulnérabilité entre les sexes.
En Thérapie brève systémique et stratégique, un burn-out parental s’aborde rarement en cherchant « où le parent a failli » : le travail porte plutôt sur les tentatives de solution qui, avec de bonnes intentions, ont fini par épuiser davantage plutôt que d’alléger la charge.
À ne pas confondre avec
La dépression : la dépression affecte tous les domaines de vie, pas seulement le rôle parental. Le burn-out parental, lui, reste spécifiquement circonscrit à la fonction de parent : un parent peut être en burn-out parental tout en continuant à bien fonctionner ailleurs, dans son travail ou sa vie sociale, ce qui n’est généralement pas le cas dans une dépression.
Voir aussi dans le glossaire
- Tentative de solution Concepts Palo Alto
