Rétroaction Concepts Palo Alto
Un parent demande à son enfant de ranger sa chambre. L’enfant hausse les épaules et continue son jeu. Le parent, en voyant cette réaction, hausse le ton. L’enfant, en entendant ce ton plus dur, se braque davantage. Qui a commencé ? La question n’a pas vraiment de réponse, parce qu’à chaque étape, la réaction de l’un devient l’information qui oriente le comportement de l’autre.
Ce mécanisme porte un nom : le feedback, terme anglais que la littérature francophone traduit par rétroaction, les deux désignant strictement la même chose. Concept issu de la cybernétique, il désigne le processus par lequel l’information concernant le résultat d’une action est renvoyée à celui qui l’a produite, lui permettant d’ajuster son comportement. Norbert Wiener pose les bases de cette notion en 1948 dans Cybernetics: Or Control and Communication in the Animal and the Machine. Une vingtaine d’années plus tard, Paul Watzlawick, Janet Beavin et Don Jackson mobilisent ce cadre cybernétique dans Pragmatics of Human Communication (1967) pour analyser la communication humaine : A influence B, qui influence à son tour A, et ainsi de suite. Ce n’est plus une ligne droite entre une cause et une conséquence, mais une boucle.
On distingue deux types de rétroaction, selon l’effet qu’elle produit sur le système :
- La rétroaction négative corrige un écart et ramène le système vers son état habituel, comme un thermostat qui stabilise une température.
- La rétroaction positive amplifie au contraire les écarts, et pousse le système vers un changement d’état, une rupture avec son équilibre précédent. Contrairement à ce que son nom suggère, elle n’est pas nécessairement positive au sens où on l’entend habituellement : elle peut conduire à une escalade destructrice, comme dans un conflit qui s’intensifie jusqu’à la rupture, ou à une transformation bénéfique, comme dans un processus thérapeutique réussi.
Ce sont les rétroactions négatives qui maintiennent globalement la stabilité d’un système, pendant que les rétroactions positives permettent ses évolutions, parfois brutales.
L’existence de ces boucles introduit une causalité circulaire, le fameux problème de la poule et de l’œuf : dans une relation, il n’y a pas de point de départ absolu, seulement des réactions qui deviennent à leur tour des informations.
En Thérapie brève systémique et stratégique, repérer si une boucle est plutôt négative (elle stabilise, parfois un problème) ou positive (elle amplifie, parfois une crise) aide à identifier où et comment intervenir.
À ne pas confondre avec
L’homéostasie : la rétroaction est le mécanisme d’information en retour qui relie deux comportements, négatif ou positif selon son effet. L’homéostasie est l’équilibre que produisent spécifiquement les rétroactions négatives coexistant au sein d’un système. La rétroaction est le processus, l’homéostasie est l’un de ses résultats possibles.
Voir aussi dans le glossaire
- Homéostasie Concepts Palo Alto
- Système Concepts Palo Alto
- Cercle vicieux Concepts Palo Alto
