Escalade complémentaire Concepts Palo Alto
Dans un couple, plus l’un hausse le ton pendant une dispute, plus l’autre baisse la voix et s’écrase ; ce qui, en retour, confirme à celui qui hausse le ton qu’il peut aller plus loin la prochaine fois. La domination et la soumission s’installent conjointement, chacune alimentant l’autre.
Ce mécanisme porte un nom : l’escalade complémentaire. Gregory Bateson en pose les bases dès 1935 avec le concept de schismogenèse complémentaire, une différenciation progressive fondée non pas sur l’égalité mais sur la différence entre deux positions (par exemple domination et soumission). Paul Watzlawick, Janet Beavin et Don Jackson formalisent ce constat en 1967 dans Pragmatics of Human Communication : dans une relation complémentaire, les deux comportements sont différents mais s’ajustent l’un à l’autre, et chacun renforce l’autre en retour.
Dans une relation complémentaire, on ne répond pas à la même chose : on répond par son inverse, et l’écart grandit.
- Face à un supérieur qui hausse le ton en réunion, un collaborateur qui baisse la tête et n’ose plus contredire renforce, sans le vouloir, l’autorité de celui qui l’a rabroué.
- Chez un adolescent, plus les parents posent de questions sur sa journée, moins il en dit, ce qui pousse souvent les parents à en demander davantage.
- Face à un élève qui se moque de lui, un enfant qui baisse les yeux et ne répond rien renforce, sans le vouloir, la position dominante de celui qui l’attaque. C’est une des raisons pour lesquelles conseiller à un enfant harcelé d’ignorer les moqueries peut aggraver la dynamique plutôt que l’apaiser.
En Thérapie brève systémique et stratégique, et dans le cas d’une escalade complémentaire, le levier pour la personne qui souffre peut être d’adopter la posture inverse de celle qu’elle occupait jusque là (et donc prendre une position haute si elle était en position basse et vice versa), afin de remettre de la symétrie dans la relation.
À ne pas confondre avec
L’escalade symétrique : dans l’escalade complémentaire, les deux comportements sont opposés (l’un pousse, l’autre recule). Dans l’escalade symétrique, les deux comportements se ressemblent et s’amplifient en miroir. Ce n’est pas la même mécanique.
Voir aussi dans le glossaire
- Escalade symétrique Concepts Palo Alto
- Cercle vicieux Concepts Palo Alto
