Attachement Psychologie générale
Un bébé pleure quand sa mère quitte la pièce, puis se calme dès qu’elle revient. Un autre semble à peine remarquer son départ, mais son rythme cardiaque, mesuré en laboratoire, raconte une autre histoire. Un troisième proteste violemment à la séparation, puis reste difficile à consoler même une fois le parent revenu. Ces trois réactions ne sont pas des caprices ni des tempéraments hasardeux : elles reflètent trois façons différentes de vivre un même besoin fondamental, celui de se sentir en sécurité auprès d’un adulte de référence.
Ce besoin porte un nom : l’attachement. Le psychiatre britannique John Bowlby formalise la théorie de l’attachement dans les années 1950, après avoir étudié les conséquences des séparations prolongées chez des enfants pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’oppose alors à l’idée dominante selon laquelle le lien à la mère se réduirait à la satisfaction d’un besoin alimentaire, et le décrit plutôt comme un système de sécurité aussi fondamental que la recherche de nourriture ou de chaleur. Mary Ainsworth, sa collaboratrice, met au point en 1969 le protocole de la « situation étrange » : un enfant est brièvement séparé puis retrouve son parent en laboratoire, ce qui permet d’observer comment il gère ce stress. Ses travaux distinguent trois styles d’attachement (sécure, insécure-évitant, et insécure-ambivalent), auxquels Mary Main et Judith Solomon ajoutent plus tard un quatrième, désorganisé.
L’attachement n’est pas une question d’intensité d’amour : c’est une question de sécurité. Un enfant très aimé peut développer un attachement insécure si la disponibilité de l’adulte reste imprévisible.
- L’attachement sécure se développe généralement quand le parent répond de façon fiable et cohérente aux besoins de l’enfant : dans ce cas, l’enfant explore librement une pièce inconnue tant que son parent est présent, proteste à son départ, puis se calme rapidement à son retour.
- L’attachement évitant s’installe souvent face à un parent qui répond peu aux signaux de détresse, ou les décourage activement (« arrête de pleurer, ce n’est rien ») : l’enfant semble alors indifférent à la séparation et aux retrouvailles, alors que ses réactions physiologiques internes montrent un stress bien réel, simplement non exprimé.
- L’attachement ambivalent découle souvent d’un comportement parental imprévisible ou incohérent, parfois trop intrusif, parfois distant. À l’âge adulte, un style d’attachement insécure se manifeste souvent dans les relations amoureuses : difficulté à faire confiance, peur de l’abandon, ou au contraire besoin marqué d’indépendance et malaise face à la proximité.
Voir aussi dans le glossaire
- Rétroaction Concepts Palo Alto
- Système Concepts Palo Alto
