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	<title>anxiété scolaire &#8211; Interactologie</title>
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	<description>Ce que la science sait des relations, et ce que vous pouvez en faire. Par Camille Chauvelin.</description>
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	<title>anxiété scolaire &#8211; Interactologie</title>
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		<title>Santé mentale des jeunes : ce que les chiffres disent vraiment</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Camille]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 15:29:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
		<category><![CDATA[phobie scolaire]]></category>
		<category><![CDATA[harcèlement entre pairs]]></category>
		<category><![CDATA[anxiété scolaire]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
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					<description><![CDATA[En France, 14% des collégiens de 4e-3e et 15% des lycéens présentent un risque élevé de dépression. Près d'une lycéenne sur trois a eu des pensées suicidaires dans l'année. Ces chiffres viennent de l'enquête EnCLASS 2022, la référence nationale sur le sujet. S'ils mesurent des symptômes déclarés, pas des diagnostics cliniques, ils n'en sont pas moins réels.]]></description>
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<p class="intro-extract">En France, 14% des collégiens de 4e-3e et 15% des lycéens présentent un risque élevé de dépression. Près d&rsquo;une lycéenne sur trois a eu des pensées suicidaires dans l&rsquo;année. Ces chiffres viennent de l&rsquo;enquête EnCLASS 2022, la référence nationale sur le sujet. S&rsquo;ils mesurent des symptômes déclarés (et non des diagnostics cliniques), ils n&rsquo;en sont pas moins réels.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="EnCLASS_HBSC_mesures">EnCLASS, HBSC : que mesurent ces enquêtes exactement ?</span></h2>



<p>Posons un peu les bases : <a href="https://ehesp.hal.science/hal-04790436v1" target="_blank" rel="noopener">EnCLASS, c&rsquo;est l&rsquo;Enquête nationale en Collèges et en Lycées chez les Adolescents sur la Santé et les Substances</a>. Elle est conduite par l&rsquo;EHESP et l&rsquo;OFDT en partenariat avec l&rsquo;Éducation nationale, publiée par Santé publique France. Le volet santé mentale de la vague 2022 a été rendu public en avril 2024, à partir de 9 337 questionnaires remplis par des élèves du secondaire dans 237 établissements de France hexagonale.</p>



<p>La méthode compte. Les élèves répondent anonymement, en ligne, sur ce qu&rsquo;ils vivent au moment de l&rsquo;enquête. <strong>Ce que l&rsquo;enquête mesure, ce sont des symptômes ressentis et déclarés</strong>, pas des diagnostics posés par un médecin. C&rsquo;est précisément ce qui en fait la valeur : on entend directement les adolescents sur leur propre expérience, sans filtre parental ni médical. Le ressenti n&rsquo;est pas une donnée de second rang.</p>



<p>Le « risque important de dépression » est alors calculé à partir de l&rsquo;échelle ADRS : dix affirmations sur lesquelles les élèves se prononcent par vrai ou faux. Un score supérieur à 7 déclenche la catégorie « risque important ». Ce seuil a une valeur épidémiologique reconnue. Il n&rsquo;indique pas qu&rsquo;un élève est cliniquement dépressif, mais il indique que quelque chose ne va pas, que ça se répète, et en extrapolant, que tout ça touche une part significative d&rsquo;une génération.</p>



<p><a href="https://www.who.int/europe/publications/i/item/9789289060356" target="_blank" rel="noopener">HBSC (Health Behaviour in School-aged Children)</a> fonctionne de la même façon : cette enquête internationale est conduite sous l&rsquo;égide de l&rsquo;OMS Europe, tous les quatre ans, auprès de jeunes de 11, 13 et 15 ans dans 44 pays. La vague 2021/2022 a couvert 279 117 adolescents. EnCLASS intègre le protocole HBSC depuis 2018, ce qui rend les comparaisons dans le temps possibles, et c&rsquo;est là que les évolutions deviennent difficiles à ignorer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="chiffres_qui_tiennent">Santé mentale des jeunes : les chiffres qui tiennent vraiment</span></h2>



<p>Voilà ce que EnCLASS 2022 dit, chiffres vérifiés dans le rapport complet (et pas seulement dans son communiqué de presse).</p>



<p>En France, 14% des collégiens de 4e-3e et 15,4% des lycéens présentent un risque important de dépression. Derrière cette moyenne, les écarts entre filles et garçons sont frappants : au collège, 21,4% des filles contre 6,9% des garçons. Au lycée, 22,7% des filles contre 8%. <strong>Les filles sont donc deux à trois fois plus concernées selon les niveaux, et cet écart s&rsquo;est creusé depuis 2018</strong>.</p>



<p class="is-style-assertion">Entre 2018 et 2022, le risque dépressif a augmenté de 8 points chez les collégiennes, de 5 points chez les lycéennes. Les plaintes récurrentes (nervosité, troubles du sommeil, déprime) ont progressé de 14 points chez les filles au collège sur la même période.</p>



<p>Sur les comportements suicidaires, mesurés uniquement chez les lycéens : <strong>24,2% déclarent des pensées suicidaires dans les douze derniers mois. Chez les lycéennes, ce chiffre monte à 30,9% &#8211; près d&rsquo;une sur trois ! </strong>12,9% des lycéens déclarent une tentative de suicide au cours de leur vie ; chez les filles, 17,4%. Ces chiffres sont en hausse depuis 2018 : +7 points chez les lycéennes pour les pensées suicidaires sur quatre ans.</p>



<p>Le <strong>sentiment de solitude</strong> suit la même courbe : près d&rsquo;une lycéenne sur quatre déclare un sentiment de solitude fréquent. La solitude augmente tout au long de la scolarité, avec un décrochage particulièrement net chez les filles entre la 6e et la 3e.</p>



<p><a href="https://www.ofdt.fr/publication/2023/les-drogues-17-ans-analyse-de-l-enquete-escapad-2022-562" target="_blank" rel="noopener">Escapad 2022, enquête de l&rsquo;OFDT</a> menée auprès de 23 701 jeunes de 17 ans lors de la Journée Défense et Citoyenneté, pointe dans la même direction : 9,5% présentaient des symptômes anxio-dépressifs sévères en 2022, contre 4,5% en 2017. Les pensées suicidaires dans l&rsquo;année touchaient 18% d&rsquo;entre eux, contre 11% cinq ans plus tôt.</p>



<p>Un dernier chiffre : 59% des collégiens et 51% des lycéens présentent un « bon niveau de bien-être mental » selon l&rsquo;indice WHO-5. Ce n&rsquo;est pas rien&#8230; mais l&rsquo;on conviendra que c&rsquo;est une majorité courte, et elle recule.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="chiffres_nuances">Pourquoi les chiffres sur la santé mentale des jeunes sont plus nuancés qu&rsquo;on ne le dit</span></h2>



<p>Deux points méthodologiques importants figurent dans le rapport EnCLASS lui-même, pages 16 et 17, et sont systématiquement absents des reprises publiques.</p>



<p>Le premier : EnCLASS est une enquête transversale répétée, pas une enquête longitudinale. Cela signifie qu&rsquo;on ne suit pas les mêmes élèves dans le temps : on compare des générations successives, interrogées au même moment. Les courbes d&rsquo;évolution entre 2018 et 2022 ne décrivent pas ce qui arrive à un même groupe d&rsquo;élèves en vieillissant. <strong>Elles comparent des cohortes différentes</strong>, et c&rsquo;est loin d&rsquo;être anodin pour interpréter les tendances.</p>



<p>Le second, que les auteurs formulent eux-mêmes : il n&rsquo;est pas exclu que les résultats indiquent aussi que <strong>les nouvelles générations expriment plus facilement leur souffrance et sont plus ouvertes au dialogue </strong>que les générations précédentes, et que la médiatisation du sujet de la santé mentale a facilité l&rsquo;expression de symptômes dans les enquêtes. Cette hypothèse ne nie pas la réalité des difficultés mesurées, mais elle invite à ne pas confondre une hausse des déclarations avec une hausse mécanique des troubles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="sources_incomparables">Dépression adolescents, urgences, sondages : trois sources qu&rsquo;on ne peut pas comparer</span></h2>



<p>Dans le débat public autour de la santé mentale des jeunes, trois types de données circulent souvent dans le même souffle, mais il faut bien voir qu&rsquo;elles ne mesurent pas la même chose.</p>



<p>EnCLASS et HBSC mesurent <strong>le ressenti déclaré par les jeunes eux-mêmes</strong>, sur la base de questionnaires standardisés et validés scientifiquement. C&rsquo;est le niveau de données le plus rigoureux sur la prévalence perçue. Les chiffres de 14-15% et de 59% viennent de là.</p>



<p>Les données hospitalières OSCOUR et SOS Médecins mesurent <strong>des actes médicaux réels</strong> : passages aux urgences pour geste suicidaire, idées suicidaires, troubles de l&rsquo;humeur. Ces données ont une réalité clinique que les questionnaires n&rsquo;ont pas : quelqu&rsquo;un s&rsquo;est présenté dans un service. Elles ne disent rien sur la prévalence des troubles dans la population générale, mais elles confirment une hausse des situations de crise prises en charge.</p>



<p>La <a href="https://my.unicef.fr/article/consultation-nationale-2024/" target="_blank" rel="noopener">Consultation nationale des 6-18 ans d&rsquo;Unicef France</a> (2024, 20 000 enfants) indique que 31% ont déjà pensé au suicide. Ce chiffre n&rsquo;est pas comparable au 24% d&rsquo;EnCLASS : les populations, les tranches d&rsquo;âge, les modalités de recueil et les questions posées sont différentes. La consultation Unicef est <strong>un outil de participation citoyenne</strong>, pas une enquête épidémiologique.</p>



<p>Les rapports institutionnels (HCFEA, Assises de la pédiatrie), eux, compilent et amplifient ces données dans une <strong>logique de plaidoyer politique</strong>. Leur rôle est de faire pression pour des moyens supplémentaires, ce qui est légitime. Mais ils ne produisent pas de données primaires et mélangent parfois les niveaux de preuve sans le signaler.</p>



<p>Que retenir de tout cela ? <strong>Que la souffrance psychique des adolescents français est réelle, mesurable, et en hausse depuis 2018 selon les indicateurs les plus solides. Que les filles sont systématiquement plus touchées que les garçons (ou en tous cas, elles se déclarent comme telles) sur tous les indicateurs. </strong>Et que lire les chiffres correctement (ce qu&rsquo;ils mesurent, comment, avec quelles limites) est la condition minimale pour <em>in fine</em> en tirer des politiques publiques qui correspondent à ce qui se passe vraiment.</p>



<p class="is-style-assertion">En cas de mal-être ou de pensées suicidaires (pour soi ou pour un proche), le <a href="https://3114.fr" target="_blank" rel="noopener">3114</a> répond 24h/24, gratuitement et en toute confidentialité.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-ornement"/>



<div class="wp-block-group is-style-references"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li>Léon C., Godeau E., Spilka S., Gillaizeau I., Beck F. (2024). La santé mentale et le bien-être des collégiens et lycéens en France hexagonale. Résultats de l&rsquo;Enquête EnCLASS 2022. <em>Le point sur</em>, Santé publique France, 17 p.</li>



<li>Cosma A., Abdrakhmanova S., Taut D., Schrijvers K., Catunda C., Schnohr C. (2023). A focus on adolescent mental health and well-being in Europe, central Asia and Canada. <em>Health Behaviour in School-aged Children international report from the 2021/2022 survey, Volume 1</em>. WHO Regional Office for Europe.</li>



<li>OFDT (2023). Les drogues à 17 ans : analyse de l&rsquo;enquête ESCAPAD 2022. <em>Tendances</em>, n°155.</li>



<li>Conseil de l&rsquo;enfance et de l&rsquo;adolescence, HCFEA (2024). Santé mentale, Grande cause nationale 2025 : le HCFEA poursuit ses travaux et renouvelle l&rsquo;alerte. Avis adopté le 21 novembre 2024.</li>
</ul>
</div></div>
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		<title>Harcèlement scolaire : arrêtez de dire &quot;ignore-les&quot; à votre enfant.</title>
		<link>https://interactologie.fr/harcelement-scolaire-arretez-de-dire-ignore-les-a-votre-enfant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Camille]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 10:10:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Harcèlement & souffrances scolaires]]></category>
		<category><![CDATA[Articles récents]]></category>
		<category><![CDATA[Mécanique des relations]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[harcèlement entre pairs]]></category>
		<category><![CDATA[anxiété scolaire]]></category>
		<category><![CDATA[parentalité pratique]]></category>
		<category><![CDATA[thérapie brève systémique]]></category>
		<category><![CDATA[dynamique relationnelle]]></category>
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					<description><![CDATA[Dire à un enfant harcelé d'ignorer ses agresseurs est le conseil le plus répandu, et pourtant les études montrent qu'il est l'un des moins efficaces. Pire : il envoie au harceleur exactement le signal qu'il attendait. Voici pourquoi, et ce qui fonctionne vraiment.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="intro-para">Le cartable tombe dans l&rsquo;entrée. Il file dans sa chambre. Ça fait trois soirs qu&rsquo;il rentre comme ça, sans dire mot, et vous sentez que quelque chose ne va pas. Mais ce soir-là, il finit par parler, et au bout d&rsquo;un moment, ça sort : des moqueries dans la cour, un groupe qui l&rsquo;exclut systématiquement, un garçon qui revient chaque semaine avec les mêmes insultes. Vous l&rsquo;écoutez. Vous cherchez quoi dire. Et presque naturellement, vous entendez sortir de votre bouche cette phrase que vous avez entendue vous-même, enfant : <strong>« La prochaine fois, ignore-les. Si tu ne réagis pas, ils vont se lasser. »</strong></p>



<p>Ce conseil vient de l&rsquo;idée, tout à fait naturelle, que l&rsquo;attention nourrit le harceleur, que se montrer indifférent lui coupe l&rsquo;herbe sous le pied. Et il y a une logique là-dedans, non ? Le problème, c&rsquo;est que cette logique ne fonctionne pas. Pas parce que votre enfant manque de volonté ou de self-control, mais parce qu&rsquo;elle repose sur une mauvaise lecture de ce qui se passe réellement dans ces situations.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="Ignore-les_la_strategie_la_plus_utilisee_et_la_moins_efficace">Ignorer le harcèlement : pourquoi ça ne fonctionne pas</span></h2>



<p>Sally Black, Dan Weinles et Ericka Washington ont interrogé 2 615 élèves victimes de harcèlement aux États-Unis sur les stratégies qu&rsquo;ils avaient utilisées pour y mettre fin. <strong>Résultat : ignorer arrive en deuxième position des stratégies les plus utilisées, à 52 %. Et pourtant, dans les témoignages des victimes elles-mêmes, c&rsquo;est l&rsquo;une des moins efficaces. </strong>L&rsquo;étude, publiée en 2010 dans <em>Youth Violence and Juvenile Justice</em>, pointe quelque chose d&rsquo;important : il est fort probable que les enfants essaient d&rsquo;ignorer parce qu&rsquo;on leur a dit que ça marchait, plutôt que parce qu&rsquo;ils ont constaté que ça marchait.</p>



<div class="wp-block-group is-style-experience"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>University of Kentucky, 2010</p>



<h4 class="wp-block-heading">Ignorer : une stratégie très utilisée par les victimes&#8230; parmi les moins efficaces</h4>



<p>Sally Black, Dan Weinles et Ericka Washington ont interrogé 2 615 élèves américains victimes de harcèlement scolaire sur les stratégies qu&rsquo;ils avaient utilisées pour y mettre fin, et sur leur efficacité perçue. Résultat : ignorer arrive en deuxième position des stratégies les plus utilisées, à 52 % des cas. Mais dans les témoignages des victimes elles-mêmes, c&rsquo;est l&rsquo;une des moins efficaces pour faire cesser le harcèlement. Les stratégies jugées les plus efficaces par les élèves sont très différentes : riposter (75%), élaborer un plan de sécurité (74%), en parler à un pair de confiance (71%) ou à un adulte à la maison (71%). la contre-argumentation verbale assurée, le fait de se confier à un pair de confiance, ou d&rsquo;en parler à un adulte à la maison. Ce décalage entre ce qu&rsquo;on conseille aux enfants et ce qui fonctionne réellement selon eux est au cœur du problème. Ignorer figure parmi les stratégies les plus utilisées, mais les victimes ne la citent pas parmi celles qui ont changé quelque chose.</p>



<p class="is-style-cite">Black, S., Weinles, D., et Washington, E. (2010). Victim strategies to stop bullying. <em>Youth Violence and Juvenile Justice, 8</em>(2), 138-147.</p>
</div></div>



<p>Ce décalage entre la stratégie recommandée et la stratégie efficace n&rsquo;est pas anodin. Il révèle que les conseils que nous donnons aux enfants circulent en circuit fermé, sans vraiment être mis à l&rsquo;épreuve de ce que vivent concrètement les victimes. Kristen Stives et ses collègues ont montré en 2019, dans <em>Youth &amp; Society</em>, que les conseils donnés par les parents à leurs enfants harcelés reproduisent presque mot pour mot les messages institutionnels des écoles : « parles-en à un adulte », « ignore-les », « évite-les ». Des conseils bien intentionnés. Mais qui n&rsquo;ont pas été testés contre la réalité du terrain.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="Ce_que_ignorer_dit_au_harceleur">Que comprend le harceleur quand votre enfant l&rsquo;ignore ?</span></h2>



<p>Pour comprendre pourquoi ignorer échoue, il faut changer de point de vue. Pas celui de l&rsquo;enfant qui subit, mais celui de l&rsquo;enfant qui harcèle. Qu&rsquo;est-il venu chercher ? Le psychiatre <a href="https://dr-philippe-aim.com/" target="_blank" rel="noopener">Philippe Aïm</a>, auteur de <em>Face au harcèlement scolaire</em> (Marabout, 2024), le formule directement : le harcèlement « marche » tant que l&rsquo;agresseur voit qu&rsquo;il atteint sa cible. Qu&rsquo;il prend le pouvoir émotionnel sur elle. Qu&rsquo;il peut obtenir, à volonté, de la gêne, de la peur, de la honte, ou de la rage.</p>



<p>Dans ce cadre, ignorer ne coupe pas l&rsquo;alimentation du système. Ça la déplace. L&rsquo;enfant qui se ferme, se raidit, détourne les yeux, accélère le pas dans le couloir pour éviter le groupe : tout ça, un harceleur le lit parfaitement. Philippe Aïm nomme cette réponse dans son acronyme ABCDE des comportements qui nourrissent la dynamique. Le B, c&rsquo;est « bouder / faire semblant d&rsquo;ignorer ». Sa traduction pour l&rsquo;agresseur : « Tu m&rsquo;as atteint. » Jackpot. La lettre E, c&rsquo;est « éviter / fuir », avec le message implicite que ça envoie : « Ta présence m&rsquo;effraie. Tu contrôles déjà mes déplacements. »</p>



<p class="is-style-assertion">Ignorer n&rsquo;est pas de l&rsquo;indifférence. C&rsquo;est de la retenue visible. Et un harceleur sait très bien faire la différence.</p>



<p>Emmanuelle Piquet, psychopraticienne spécialisée en thérapie brève systémique et stratégique, Maître de conférences et <a href="https://a180degres.com/publications/" target="_blank" rel="noopener">autrice de nombreux ouvrages sur le sujet des souffrances scolaires</a>, formule la même mécanique autrement : quand un enfant cherche à ignorer, il envoie malgré lui un message en deux canaux. <strong>Le canal verbal dit « tu n&rsquo;existes pas pour moi ». Mais le canal relationnel, lui, dit quelque chose de très différent : « arrête, mais continue, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y aura aucune conséquence négative de ma part sur ta popularité. »</strong> Le harceleur reçoit avant tout le second message, car du point de vue de la relation, il est bien plus puissant que le premier.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="Ce_que_les_victimes_elles-memes_rapportent">Ce que les enfants harcelés rapportent</span></h2>



<p>Chloé Tolmatcheff et ses collègues de l&rsquo;Université catholique de Louvain ont conduit en 2019 une étude qualitative auprès de 32 adultes qui ont été victimes de harcèlement scolaire, interrogés sur les stratégies qu&rsquo;ils avaient utilisées et leur effet réel. Ce qui ressort sur l&rsquo;évitement est sans ambiguïté : <strong>se faire discret, endurer, se résigner en attendant que ça passe n&rsquo;a jamais découragé ni lassé les harceleurs</strong>. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/2149583172-1024x682.jpg" alt="Ado qui subit du harcèlement scolaire" class="wp-image-165" srcset="https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/2149583172-1024x682.jpg 1024w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/2149583172-300x200.jpg 300w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/2149583172-768x512.jpg 768w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/2149583172-1536x1024.jpg 1536w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/2149583172-440x293.jpg 440w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/2149583172-320x213.jpg 320w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/2149583172-1600x1066.jpg 1600w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/2149583172.jpg 2000w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Les victimes qui ont recours au <em><strong>coping passif</strong></em> (ignorer, se résigner, attendre que ça passe) selon la classification de Chabrol et Callahan (2013), n&rsquo;obtiennent aucun effet sur le harcèlement lui-même. Certains témoignages décrivent une distanciation physique (se cacher pendant les récréations, prétendre être malade pour rester à la maison) qui a offert un répit émotionnel temporaire, mais aucun impact sur le harcèlement lui-même. Les harceleurs ne se sont pas lassés. Ils ont attendu la prochaine occasion.</p>



<p>Il y a quelque chose de particulièrement éprouvant dans ce que ces témoignages décrivent : à force d&rsquo;essayer sans résultat, les victimes finissent par intégrer que leur réaction n&rsquo;a aucun impact sur ce qui leur arrive. Peterson et Seligman ont nommé ce mécanisme <strong><em>l&rsquo;impuissance apprise</em></strong> dès 1983 : quand une personne expérimente à répétition que ses tentatives de réponse n&rsquo;ont aucun effet, elle cesse d&rsquo;en avoir. Elle se soumet. Et cette soumission, paradoxalement, confirme au harceleur qu&rsquo;il a trouvé la bonne cible. Dans les cas les plus chronicisés, ce retrait peut aller jusqu&rsquo;au refus scolaire complet, que <a href="https://interactologie.fr/phobie-scolaire-ce-nest-pas-un-caprice-et-voila-ce-qui-se-passe-vraiment/" data-type="post" data-id="744">décrit dans cet article sur la phobie scolaire</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="Ce_qui_se_passe_vraiment_dans_la_dynamique">Harcèlement scolaire : comprendre la dynamique pour mieux agir</span></h2>



<p>Le harcèlement scolaire n&rsquo;est pas une agression ponctuelle. C&rsquo;est une relation qui se répète, et qui se répète précisément parce qu&rsquo;elle « fonctionne » pour celui qui harcèle. Christina Salmivalli, chercheuse à l&rsquo;Université de Turku en Finlande, a montré que le harcèlement fonctionne souvent comme une stratégie de domination sociale : le harceleur renforce sa position dans le groupe en démontrant son pouvoir sur une cible, et les réactions des témoins jouent un rôle central dans le maintien de cette dynamique.</p>



<p>C&rsquo;est là que l&rsquo;approche de Palo Alto éclaire ce que les données empiriques observent sans toujours l&rsquo;expliquer. Dans une dynamique systémique, un comportement qui se répète se répète parce que quelque chose dans le système le maintient. Souvent, c&rsquo;est précisément la tentative de solution : ce qu&rsquo;on fait pour résoudre le problème finit par en faire partie, voire l&rsquo;alimenter. <strong>L&rsquo;enfant qui ignore, se replie, fuit, puis recommence plus fort : à chaque tentative infructueuse, la dynamique se consolide. Le harceleur apprend que sa cible est réactive. La victime apprend qu&rsquo;elle est impuissante. </strong>Bateson et Watzlawick (1972) ont nommé ce phénomène l&rsquo;escalade complémentaire : dans une relation où les positions se rigidifient, la position basse devient de plus en plus basse, et la position haute de plus en plus haute.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="Quand_les_adultes_ignorent_aussi">Quand les adultes ignorent aussi</span></h2>



<p>Il y a une autre dimension du problème qu&rsquo;on évoque rarement. Ignorer n&rsquo;échoue pas seulement comme stratégie pour l&rsquo;enfant. Cette stratégie échoue aussi comme signal pour les adultes qui observent, à l&rsquo;école : Nicole Sokol, Kay Bussey et Ronald Rapee ont montré en 2016, dans une étude menée auprès de 289 enseignants australiens, que la réponse de la victime influence directement l&rsquo;intention d&rsquo;intervenir de l&rsquo;enseignant. Quand la victime affiche une réponse passive, qu&rsquo;elle se ferme ou détourne les yeux, l&rsquo;incident est perçu comme moins grave, moins urgent, moins distressant. Les enseignants rapportent moins d&rsquo;intention d&rsquo;intervenir.</p>



<p>Autrement dit : <strong>un enfant qui « ignore bien » comme on le lui a conseillé risque de passer sous le radar des adultes qui auraient pu intervenir</strong>. La stratégie qu&rsquo;on lui recommande pour se protéger le rend moins visible comme victime aux yeux de ceux qui pourraient l&rsquo;aider. C&rsquo;est un double effet qu&rsquo;on n&rsquo;anticipait pas.</p>



<div class="wp-block-group is-style-experience"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>Macquarie University, Sydney, 2016</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un enfant qui ignore bien&#8230; est un enfant qu&rsquo;on aide moins</h4>



<p>Nicole Sokol, Kay Bussey et Ronald Rapee ont soumis 289 enseignants australiens à des scénarii vidéo de harcèlement dans lesquels la victime réagissait de quatre façons différentes : avec colère, avec tristesse, avec assurance, ou en ignorant. Les enseignants devaient ensuite évaluer la gravité de la situation et leur intention d&rsquo;intervenir. Résultat contre-intuitif : les incidents impliquant une victime qui ignore ou qui répond avec assurance sont perçus comme moins graves, moins urgents, et génèrent moins d&rsquo;intention d&rsquo;intervenir chez les enseignants. Autrement dit, un enfant qui applique le conseil « ignore-les » risque non seulement de ne pas stopper le harcèlement, mais aussi de passer sous le radar des adultes qui auraient pu l&rsquo;aider. La stratégie recommandée le rend invisible comme victime aux yeux de ceux qui pourraient agir.</p>



<p class="is-style-cite">Sokol, N., Bussey, K., et Rapee, R. M. (2016). The impact of victims&rsquo; responses on teacher reactions to bullying. <em>Teaching and Teacher Education, 55</em>, 78-87.</p>
</div></div>



<p>Dans l&rsquo;étude de Tolmatcheff et al., la moitié des anciennes victimes estiment que leurs enseignants n&rsquo;ont pas remarqué ce qu&rsquo;ils vivaient. L&rsquo;autre moitié pense qu&rsquo;ils ont choisi de ne pas intervenir. Dans les deux cas, le résultat est le même : l&rsquo;enfant se retrouve seul avec le problème. Et souvent, il en tire une conclusion qui va durer : « les adultes ne peuvent rien faire » ou pire, « les adultes ne veulent rien faire ». Ce qui le rend encore moins enclin à en parler.</p>



<p>Attention cependant : si ignorer ne marche pas, l&rsquo;instinct logique de tout parent concerné est bien souvent de prendre les choses en main. Mais aider l&rsquo;enfant face au harcèlement n&rsquo;est pas non plus<span id="Intervenir_a_la_place_de_lenfant_nest_pas_la_solution_non_plus"> intervenir à sa place</span>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment aider son enfant qui se fait harceler à l&rsquo;école ? <span id="Redonner_a_lenfant_une_capacite_d_action">Redonnez-lui une capacité d&rsquo;action</span>.</h2>



<p><strong>C&rsquo;est exactement l&rsquo;angle qu&rsquo;Emmanuelle Piquet a développé à travers son expertise au sein des <a href="https://a180degres.com/" target="_blank" rel="noopener">centres À 180 Degrés</a></strong>. Son postulat de départ : un enfant harcelé n&rsquo;a pas besoin qu&rsquo;on se place entre lui et le monde. Il a besoin qu&rsquo;on lui restitue une marge d&rsquo;action dans la relation. Ce qu&rsquo;elle appelle les « flèches », ce sont des <strong>réponses verbales et posturales concrètes, travaillées en séance, qui changent le niveau logique de l&rsquo;échange sans l&rsquo;escalader</strong>. Pas une contre-attaque agressive, qui reste dans la même logique et que les victimes maladroites perdent presque systématiquement, mais plutôt un pas de côté.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/05/pexels-rdne-6655563-1024x683.jpg" alt="Enfant harcelé qui prépare une flèche de résistance" class="wp-image-2212" srcset="https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/05/pexels-rdne-6655563-1024x683.jpg 1024w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/05/pexels-rdne-6655563-300x200.jpg 300w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/05/pexels-rdne-6655563-768x512.jpg 768w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/05/pexels-rdne-6655563-1536x1024.jpg 1536w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/05/pexels-rdne-6655563-440x293.jpg 440w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/05/pexels-rdne-6655563-320x213.jpg 320w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/05/pexels-rdne-6655563-1600x1067.jpg 1600w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/05/pexels-rdne-6655563.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<div class="wp-block-group is-style-experience"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>Université de Lorraine / Centres À 180 Degrés &#8211; Chagrin scolaire, 2023</p>



<h4 class="wp-block-heading">Travailler avec l&rsquo;enfant harcelé plutôt qu&rsquo;à sa place : les résultats</h4>



<p>Raphaël Hoch, enseignant-chercheur à l&rsquo;Université de Lorraine, et Emmanuelle Piquet, fondatrice des centres À 180 Degrés, ont analysé 79 cas de harcèlement scolaire suivis en thérapie brève stratégique selon le modèle de Palo Alto. L&rsquo;approche consiste à travailler avec l&rsquo;enfant harcelé pour qu&rsquo;il construise lui-même une réponse comportementale à 180 degrés de ses tentatives habituelles, sans intervention à sa place. À la fin du suivi, une amélioration d&rsquo;au moins 50% est constatée dans 61% des cas. Trois mois après la dernière séance, ce chiffre monte à 82%. 66% des patients ayant vécu une amélioration ne rapportent aucune rechute. Les auteurs soulignent que les approches interventionnistes classiques (sanctions, médiation, groupes de soutien) échouent fréquemment parce qu&rsquo;elles envoient à la victime le métamessage qu&rsquo;elle est incapable de se défendre seule, ce qui consolide précisément la dynamique qu&rsquo;elles cherchent à défaire.</p>



<p class="is-style-cite">Hoch, R., et Piquet, E. (2023). Quand Palo Alto vient en aide aux enfants en situation de harcèlement scolaire. <em>Thérapie Familiale, 44</em>(1), 73-95.</p>
</div></div>



<p><strong>Philippe Aïm travaille la même mécanique avec ce qu&rsquo;il appelle le « jeu de l&rsquo;idiot »</strong> : répondre à une moquerie non pas comme on répondrait à un ennemi, mais comme on répondrait (en surface) à quelqu&rsquo;un dont on ne prend pas vraiment les propos au sérieux. « Ah ouais ? Tu me trouves carrément moche ? Genre moche-moche ? » à la place de la fermeture, de la larme, ou de l&rsquo;insulte retour. Comme une forme de une désescalade active qui prive le harceleur de ce qu&rsquo;il est venu chercher : une prise sur l&rsquo;émotion de l&rsquo;autre.</p>



<p>Ce changement de posture permet de retrouver une capacité d&rsquo;action, même partielle, qui peut rompre le cycle de l&rsquo;impuissance apprise. L&rsquo;enfant qui sait qu&rsquo;il peut faire quelque chose, même si c&rsquo;est imparfait, n&rsquo;est plus dans la même position psychologique que l&rsquo;enfant qui attend que ça passe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="Le_role_du_parent_entraineur">Le rôle du parent : soutien, pas substitut</span></h2>



<p>Ce déplacement change aussi le rôle du parent : il ne sera pas le spectateur impuissant qui répète des conseils qui ne marchent pas, et pas non plus le pompier qui gère à la place. Quelque chose de plus proche de l&rsquo;entraîneur : celui qui observe, qui écoute vraiment ce qui se passe (pas juste « qu&rsquo;est-ce qui s&rsquo;est passé » mais « qu&rsquo;est-ce que tu as essayé, et qu&rsquo;est-ce que ça a produit »), et <strong>qui aide l&rsquo;enfant à trouver ses propres réponses </strong>plutôt qu&rsquo;à appliquer les siennes.</p>



<p>Cela implique d&rsquo;accepter quelque chose qui n&rsquo;est pas confortable pour un parent : on ne peut pas toujours intervenir à sa place. Et vouloir le faire à tout prix, c&rsquo;est parfois lui confirmer qu&rsquo;il n&rsquo;en est pas capable. Emmanuelle Piquet note que certains parents, bien intentionnés, alimentent malgré eux la relation de soumission en demandant systématiquement à l&rsquo;école d&rsquo;agir, sans jamais chercher avec l&rsquo;enfant ce qu&rsquo;il pourrait faire lui-même. Le message implicite, encore une fois, est celui de l&rsquo;impuissance.</p>



<p>La question que ce changement de regard ouvre pour le parent n&rsquo;est pas « comment est-ce que je protège mon enfant de ça ? » mais « comment est-ce que je l&rsquo;aide à traverser ça en sortant plus solide ? » Ce n&rsquo;est pas la même question. Et elle ne produit pas les mêmes réponses, ni les mêmes aptitudes pour plus tard.</p>



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<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-block-columns-is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group is-style-a-eviter"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li>Dire « ignore-les » ou demander à l&rsquo;enfant de « ne pas réagir »<em>La retenue visible est lue comme de la peur. Ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;indifférence.</em></li>



<li>Répéter « ça va passer, t&rsquo;en fais pas »<em>L&rsquo;enfant comprend qu&rsquo;on minimise. Il parle de moins en moins.</em></li>



<li>Lui, faire comprendre, même involontairement, qu&rsquo;il ne peut pas s&rsquo;en sortir seul<em>« Je vais m&rsquo;en occuper » dit avec bienveillance envoie aussi : « tu n&rsquo;en es pas capable ».</em></li>



<li>Chercher la solution à sa place sans lui demander ce qu&rsquo;il a déjà essayé<em>On propose des réponses à un problème qu&rsquo;on ne comprend pas encore bien. L&rsquo;enfant décroche.</em></li>



<li>Lui conseiller de riposter physiquement ou verbalement sans préparation<em>Une riposte maladroite aggrave la situation et renforce le sentiment d&rsquo;impuissance.</em></li>
</ul>
</div></div>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group is-style-a-faire"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li>Écouter ce qu&rsquo;il a essayé avant de conseiller<em>« Qu&rsquo;est-ce que tu as fait quand ça s&rsquo;est passé ? Et ça a produit quoi ? » avant toute suggestion.</em></li>



<li>Chercher avec lui ce qu&rsquo;il pourrait dire ou faire autrement<em>Pas vos réponses : les siennes. Vous l&rsquo;aidez à les trouver, vous ne le faites pas à sa place.</em></li>



<li>Travailler la posture, pas seulement les mots<em>La façon dont il se tient, le ton de voix, le regard : c&rsquo;est souvent plus déterminant que la réplique exacte.</em></li>



<li>Faire appel à un professionnel formé à la thérapie brève si la situation s&rsquo;enkyste<em>Un thérapeute qui travaille avec l&rsquo;enfant sur ses réponses.</em></li>
</ul>
</div></div>
</div>
</div>



<div class="wp-block-group is-style-conclusion"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li>Ignorer est la deuxième stratégie la plus utilisée par les victimes de harcèlement, et l&rsquo;une des moins efficaces (Black, Weinles et Washington (2010) sur 2 615 élèves victimes).</li>



<li>Un enfant qui « ignore bien » passe sous le radar des adultes qui auraient pu intervenir (Sokol, Bussey et Rapee (2016) sur 289 enseignants australiens).</li>



<li>Les parents reproduisent sans le savoir les conseils institutionnels inefficaces, dont « ignore-les » : Stives et al. (2019).</li>



<li>Travailler avec l&rsquo;enfant harcelé pour qu&rsquo;il construise une réponse à 180 degrés de ses tentatives habituelles : amélioration d&rsquo;au moins 50% dans 82% des cas 3 mois après le suivi (Hoch et Piquet (2023)).</li>



<li>Quand un élément du système change de posture, la dynamique relationnelle toute entière change : principe systémique central selon le modèle de Palo Alto, appliqué au harcèlement par Emmanuelle Piquet et Philippe Aïm.</li>
</ul>
</div></div>



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<h2 class="wp-block-heading"><span id="Questions_frequentes">Questions fréquentes</span></h2>



<div class="wp-block-group is-style-faq"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="is-style-faq-question">Pourquoi ignorer le harcèlement ne fonctionne pas ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">Parce que « ignorer » n&rsquo;est pas de l&rsquo;indifférence réelle : c&rsquo;est de la retenue visible, et un harceleur sait très bien la lire. Se fermer, détourner les yeux, accélérer le pas envoie un signal implicite clair : « tu m&rsquo;as atteint. » C&rsquo;est exactement ce que l&rsquo;agresseur cherche. Le harcèlement continue tant qu&rsquo;il produit cette prise émotionnelle sur la victime. Ignorer ne coupe pas ce mécanisme : ça le confirme sous une autre forme. Les études sur les stratégies des victimes montrent que l&rsquo;évitement figure parmi les approches les moins efficaces pour faire cesser le harcèlement.</p>



<p class="is-style-faq-question">Comment aider son enfant qui se fait harceler à l&rsquo;école ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">La première chose est d&rsquo;écouter ce qu&rsquo;il a déjà essayé, sans proposer immédiatement vos propres solutions. Ensuite, l&rsquo;aider à identifier ce que ses tentatives habituelles envoient comme message implicite au harceleur, et chercher avec lui une réponse différente, qui ne confirme pas la dynamique en place. Encourager des activités extrascolaires où il peut vivre des relations positives et restaurer sa confiance. Si la situation dure, consulter un professionnel formé à la thérapie brève systémique, qui travaille avec l&rsquo;enfant sur ses propres ressources plutôt qu&rsquo;à sa place.</p>



<p class="is-style-faq-question">Faut-il appeler l&rsquo;école quand son enfant est harcelé ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">En cas de violence physique, de menace sérieuse ou de cyberharcèlement documenté, signaler à l&rsquo;école semble parfois nécessaire. Mais l&rsquo;intervention adulte ne remplace pas le travail avec l&rsquo;enfant lui-même. Des recherches montrent que l&rsquo;intervention parentale coordonnée avec l&rsquo;école améliore la coopération entre adultes sans nécessairement réduire le harcèlement vécu par l&rsquo;enfant. Il vaut mieux toujours en parler d&rsquo;abord avec l&rsquo;enfant et décider ensemble de ce qui sera fait, pour qu&rsquo;il reste acteur de la situation plutôt que spectateur de sa propre prise en charge.</p>



<p class="is-style-faq-question">Quels sont les signes que mon enfant est harcelé ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">Les signaux les plus courants sont un changement de comportement au retour de l&rsquo;école, une réticence croissante à y aller, des plaintes somatiques récurrentes le matin (maux de ventre, de tête), un repli sur soi, une irritabilité inhabituelle, ou au contraire une humeur étrangement plate. L&rsquo;enfant peut aussi demander à changer d&rsquo;itinéraire, éviter certains espaces, ou rentrer avec des affaires abîmées. Ce qui est souvent peu visible : beaucoup d&rsquo;enfants harcelés n&rsquo;en parlent pas spontanément, par honte, par peur des représailles, ou parce qu&rsquo;ils pensent (souvent avec justesse) que les adultes ne pourront pas vraiment les aider.</p>



<p class="is-style-faq-question">Pourquoi mon enfant ne me parle pas de son harcèlement ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">Plusieurs raisons coexistent souvent. La honte d&rsquo;abord : parler, c&rsquo;est admettre qu&rsquo;on n&rsquo;a pas réussi à gérer seul. La peur ensuite : si les adultes interviennent et punissent le harceleur, il risque de se venger. Une forme de résignation aussi, après plusieurs tentatives sans résultat : l&rsquo;enfant finit par penser que rien ne changera. Et parfois, une manière de protéger ses parents d&rsquo;une situation qu&rsquo;il juge trop difficile à porter. Créer un espace de parole sans jugement ni réaction immédiate (« je veux juste comprendre ») aide davantage que les questions directes.</p>



<p class="is-style-faq-question">Comment se défendre quand on est harcelé à l&rsquo;école sans aggraver la situation ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">Ni la fuite ni la contre-attaque symétrique ne fonctionnent bien. Ce qui change la dynamique, c&rsquo;est une réponse qui casse le scénario attendu par le harceleur sans l&rsquo;escalader. Des approches comme celle développée par Emmanuelle Piquet (centres À 180 Degrés) ou par le Dr. Philippe Aïm travaillent exactement ça : des réponses verbales et posturales concrètes, qui actent un changement de posture, qui ne valident pas la logique de guerre, et qui privent l&rsquo;agresseur de la réaction émotionnelle qu&rsquo;il cherchait. Ce type de réponse s&rsquo;apprend et se répète, comme une posture, pas comme une réplique magique.</p>



<p class="is-style-faq-question">Le harcèlement scolaire finit-il toujours par s&rsquo;arrêter tout seul ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">Non, et c&rsquo;est précisément ce que « ça va passer » ne prend pas en compte. Le harcèlement est une dynamique relationnelle qui se maintient tant que quelque chose dans le système l&rsquo;alimente. Sans changement dans la façon dont la victime répond, sans modification de la dynamique de groupe, ou sans intervention adaptée, il peut durer des mois voire des années. Ce qui arrête le harcèlement, ce n&rsquo;est pas le temps. C&rsquo;est un changement dans la relation, qu&rsquo;il vienne de l&rsquo;enfant lui-même, d&rsquo;un pair qui change de position dans le groupe, ou d&rsquo;une intervention bien calibrée.</p>



<p class="is-style-faq-question">Quelle est la différence entre harcèlement scolaire et conflit entre enfants ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">La distinction repose sur trois critères définis par le psychologue Dan Olweus : le rapport de pouvoir (un élève ou un groupe domine une victime qui ne peut pas se défendre), la répétitivité (les actes se reproduisent régulièrement, ce n&rsquo;est pas un épisode isolé), et la nature des agressions (des actes négatifs délibérés, physiques, verbaux ou relationnels). Un conflit entre pairs peut être tendu et douloureux, mais il est réciproque et ponctuel. Le harcèlement, lui, installe une relation asymétrique qui se stabilise dans le temps. C&rsquo;est cette structure relationnelle figée qui le rend particulièrement toxique et qui explique pourquoi les solutions de bon sens échouent.</p>
</div></div>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-ornement"/>



<div class="wp-block-group is-style-liens"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.dailymotion.com/video/x2mx46m" target="_blank" rel="noopener">Emmanuelle Piquet, « Mieux armer les enfants contre le harcèlement scolaire » &#8211; TEDxParis 2013 (Dailymotion)</a></li>



<li><a href="https://a180degres.com/wp-content/uploads/2023/06/TF_231_0073-1.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hoch, R. et Piquet, E. (2023). Quand Palo Alto vient en aide aux enfants en situation de harcèlement scolaire &#8211; Thérapie Familiale</a></li>



<li><a href="https://www.researchgate.net/profile/Chloe-Tolmatcheff/publication/333836187_Strategies_et_reactions_des_victimes_et_de_leur_entourage_face_au_harcelement_scolaire_une_etude_retrospective_Strategies_and_reactions_of_school_bullying_victims_and_their_entourage_A_retrospective_s/links/5d1b74c0a6fdcc2462ba66d2/Strategies-et-reactions-des-victimes-et-de-leur-entourage-face-au-harcelement-scolaire-une-etude-retrospective-Strategies-and-reactions-of-school-bullying-victims-and-their-entourage-A-retrospective.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tolmatcheff, C. et al. (2019). Stratégies et réactions des victimes face au harcèlement scolaire &#8211; Psychologie française</a></li>



<li><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ubBinSwgjNU" target="_blank" rel="noopener">Aider nos enfants face au harcèlement &#8211; Dr Philippe Aïm &#8211; Papatriarcat, Best of #125</a></li>



<li><a href="https://www.education.gouv.fr/non-au-harcelement" target="_blank" rel="noopener">Non au harcèlement — programme officiel de l&rsquo;Éducation nationale, numéro 3018</a></li>
</ul>
</div></div>



<div class="wp-block-group is-style-references"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li>Black, S., Weinles, D., et Washington, E. (2010). Victim strategies to stop bullying. <em>Youth Violence and Juvenile Justice, 8</em>(2), 138-147.</li>



<li>Hoch, R., et Piquet, E. (2023). Quand Palo Alto vient en aide aux enfants en situation de harcèlement scolaire. <em>Thérapie Familiale, 44</em>(1), 73-95.</li>



<li>Stives, K. L., May, D. C., Pilkinton, M., Bethel, C. L., et Eakin, D. K. (2019). Strategies to combat bullying: Parental responses to bullies, bystanders, and victims. <em>Youth &amp; Society, 51</em>(3), 358-376.</li>



<li>Tolmatcheff, C., Hénoumont, F., Klée, E., et Galand, B. (2019). Stratégies et réactions des victimes et de leur entourage face au harcèlement scolaire : une étude rétrospective. <em>Psychologie française, 64</em>(4), 391-407.</li>



<li>Sokol, N., Bussey, K., et Rapee, R. M. (2016). The impact of victims&rsquo; responses on teacher reactions to bullying. <em>Teaching and Teacher Education, 55</em>, 78-87.</li>



<li>Salmivalli, C. (2010). Bullying and the peer group: A review. <em>Aggression and Violent Behavior, 15</em>(2), 112-120.</li>



<li>Peterson, C., et Seligman, M. E. (1983). Learned helplessness and victimization. <em>Journal of Social Issues, 39</em>(2), 103-116.</li>



<li>Aïm, P. (2024). <em>Face au harcèlement scolaire</em>. Marabout.</li>
</ul>
</div></div>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://interactologie.fr/harcelement-scolaire-arretez-de-dire-ignore-les-a-votre-enfant/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Phobie scolaire : ce n&#039;est pas un caprice (et voilà ce qui se passe vraiment)</title>
		<link>https://interactologie.fr/phobie-scolaire-ce-nest-pas-un-caprice-et-voila-ce-qui-se-passe-vraiment/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Camille]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 14:57:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Harcèlement & souffrances scolaires]]></category>
		<category><![CDATA[Articles récents]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[anxiété scolaire]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[thérapie brève systémique]]></category>
		<category><![CDATA[phobie scolaire]]></category>
		<category><![CDATA[harcèlement entre pairs]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://interactologie.fr/?p=744</guid>

					<description><![CDATA[Votre enfant ne peut plus franchir la porte de l'école. Pas ne veut plus : ne peut plus. La nuance est capitale, et c'est souvent la première chose que les adultes autour de lui n'arrivent pas à entendre. Ce que dit la recherche sur la phobie scolaire, et ce que les parents font sans le savoir qui aggrave la situation.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Mon enfant refuse d&rsquo;aller à l&rsquo;école : que faire ?</h2>



<p>Le dimanche soir, il commence à avoir mal au ventre. Vous mettez ça sur le compte d&rsquo;une légère angoisse de la semaine qui reprend. Le lundi matin, c&rsquo;est pire : il vomit, alors vous le gardez à la maison. Le lendemain, la même scène. Et le surlendemain. Vous l&#8217;emmenez chez le médecin de famille : rien. Vous finissez par le forcer. Dans la voiture, il pleure, et devant le portail, il est en état de panique : pleurs, cris, respiration qui s&#8217;emballe. Vous le confiez à un surveillant, la gorge serrée. Le soir, le directeur vous appelle pour vous annoncer qu&rsquo;il a passé la journée à l&rsquo;infirmerie.</p>



<p>Vous avez essayé la fermeté. Vous avez essayé la douceur. Vous avez essayé de lui expliquer que l&rsquo;école c&rsquo;est important. Rien ne marche. Et vous commencez à vous demander si c&rsquo;est vous, si c&rsquo;est lui, si c&rsquo;est l&rsquo;école, et si tout ça va durer&#8230;</p>



<p><strong>La phobie scolaire, ou « refus scolaire anxieux », n&rsquo;est pas un caprice ni un manque de motivation </strong>: c&rsquo;est un trouble anxieux réel qui empêche l&rsquo;enfant d&rsquo;aller à l&rsquo;école malgré son envie sincère d&rsquo;y être. Les symptômes physiques sont réels, et la souffrance aussi. Et ce que les parents font naturellement pour aider aggrave souvent la situation sans qu&rsquo;ils le sachent.</p>



<p class="is-style-assertion">La phobie scolaire, ce n&rsquo;est pas un enfant qui <em>ne <strong>veut</strong> pas</em> aller à l&rsquo;école. C&rsquo;est un enfant qui <em>ne <strong>peut</strong> pas</em>.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-ornement"/>



<h2 class="wp-block-heading">Quels sont les signes de la phobie scolaire ou du refus scolaire anxieux ?</h2>



<p>La phobie scolaire ne ressemble pas toujours à ce qu&rsquo;on imagine. Ce n&rsquo;est pas forcément un enfant qui refuse catégoriquement de sortir de sa chambre. Souvent, ça commence bien plus discrètement, et c&rsquo;est précisément ce qui retarde le diagnostic.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized is-style-img-gauche"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/7407380-683x1024.jpeg" alt="Ado en souffrance à l'école" class="wp-image-746" style="aspect-ratio:0.6669923465233676;width:355px"/></figure>



<p>Les signes précurseurs les plus fréquents, bien avant la déscolarisation :</p>



<p><strong>Les symptômes physiques récurrents en semaine, absents le week-end.</strong> Maux de ventre, nausées, maux de tête, vertiges, sueurs, palpitations. Ils apparaissent le dimanche soir ou le lundi matin, et disparaissent comme par magie pendant les vacances. Ce signal est souvent le premier et le plus souvent banalisé.</p>



<p><strong>Les passages répétés à l&rsquo;infirmerie.</strong> L&rsquo;enfant va à l&rsquo;école, mais ne tient pas. Il trouve le chemin de l&rsquo;infirmerie plusieurs fois par semaine. Les enseignants finissent par appeler les parents.</p>



<p><strong>L&rsquo;évitement progressif de situations sociales à l&rsquo;école.</strong> Il ne va plus à la cantine, il évite la cour de récré. Il demande à entrer par une autre porte. Ou alors, il ne lève plus la main en classe. Ces comportements peuvent passer inaperçus longtemps.</p>



<p><strong>Le changement de comportement les soirs de semaine.</strong> Irritabilité, repli, troubles du sommeil, refus de parler de l&rsquo;école&#8230; lui qui était bavard devient silencieux.</p>



<p><strong>La résistance qui s&rsquo;amplifie.</strong> D&rsquo;abord des plaintes, discrètes ou non, que l&rsquo;on a souvent tendance à minimiser, puis des pleurs, voire des crises. Vient ensuite l&rsquo;impossibilité physique de franchir le portail. Cette escalade peut prendre des semaines, des mois.</p>



<div class="wp-block-group is-style-experience"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>Inserm / CESP Villejuif, 2024</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les signaux d&rsquo;alerte apparaissent en moyenne 5 ans avant la déscolarisation</h4>



<p>Dans la plus grande étude française sur le refus scolaire anxieux, menée par <a href="https://www.inserm.fr/actualite/phobie-scolaire-effet-de-mode-ou-realite-profonde/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Laelia Benoit, pédopsychiatre et chercheuse à l&rsquo;Inserm</a> sur 1 328 dossiers d&rsquo;enfants, les premiers symptômes précurseurs : comportements opposants, anxiété, somatisations, étaient présents en moyenne dès l&rsquo;âge de 8 ans. L&rsquo;âge moyen de début du trouble déclaré : 13 ans. Ce décalage de cinq ans représente autant de temps perdu à minimiser des signaux qui méritaient une attention particulière.</p>



<p class="is-style-cite">Benoit, L. et al. (2024). Trajectoires du refus scolaire anxieux en France. CESP / Inserm.</p>
</div></div>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-ornement"/>



<h2 class="wp-block-heading">Trois confusions fréquentes</h2>



<p>Le terme phobie scolaire recouvre une réalité que les spécialistes préfèrent aujourd&rsquo;hui appeler <strong>refus scolaire anxieux (RSA)</strong> parce qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une phobie simple comme la peur des araignées, mais d&rsquo;un trouble anxieux complexe, souvent multi-causes.</p>



<p><strong>Phobie scolaire ≠ école buissonnière.</strong> Un enfant qui sèche l&rsquo;école le fait délibérément, sans en informer ses parents, et sans détresse émotionnelle particulière. L&rsquo;enfant « phobique », lui, souffre, car il voudrait pouvoir y aller, et il est en lutte contre lui-même.</p>



<p><strong>Phobie scolaire ≠ opposition ou caprice.</strong> Un enfant capricieux qui obtient ce qu&rsquo;il veut s&rsquo;apaise immédiatement. Un enfant en refus scolaire anxieux reste en détresse même quand on le garde à la maison : la panique peut surgir rien qu&rsquo;en entendant parler de l&rsquo;école.</p>



<p><strong>Phobie scolaire ≠ problème scolaire.</strong> Une grande partie des enfants concernés ont de bons résultats et s&rsquo;entendent bien avec les apprentissages. C&rsquo;est une observation clinique constante chez Nicole Catheline, Laelia Benoit (Inserm), et dans la littérature sur le refus scolaire anxieux. C&rsquo;est même un critère diagnostique différentiel important. Ce n&rsquo;est pas spécialement la pédagogie qui fait peur, mais ce qui pourrait se passer dans la cour, en classe, devant les autres. Pour certains c&rsquo;est l&rsquo;anxiété sociale : être jugé, perdre le contrôle de soi en public, ne pas savoir quoi dire si quelqu&rsquo;un leur parle. Pour d&rsquo;autres c&rsquo;est l&rsquo;anxiété de performance : ne pas être à la hauteur, décevoir, échouer devant tout le monde.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="577" src="https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/271733-1024x577.jpeg" alt="Petit fille qui a peur d'aller à l'école" class="wp-image-847" srcset="https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/271733-1024x577.jpeg 1024w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/271733-300x169.jpeg 300w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/271733-768x433.jpeg 768w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/271733-1536x866.jpeg 1536w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/271733-440x248.jpeg 440w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/271733-320x180.jpeg 320w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/03/271733.jpeg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="is-style-assertion">Ces enfants ne refusent pas l&rsquo;école. Ils subissent une impossibilité que leur volonté ne peut pas surmonter. Leur cerveau a identifié l&rsquo;école comme une menace, et il réagit en conséquence, physiologiquement.</p>



<p><br>Quand l&rsquo;anxiété atteint un certain seuil, ce n&rsquo;est plus le cerveau réflexif, celui qui raisonne, relativise, décide, qui pilote. C&rsquo;est le processif, celui des émotions et des réactions physiologiques, qui réagit avant qu&rsquo;on ait eu le temps de penser. Il a identifié l&rsquo;école comme une menace, et il fait ce qu&rsquo;il sait faire : déclencher l&rsquo;alarme. Peu importe le niveau de volonté ou d&rsquo;effort de l&rsquo;enfant, l&rsquo;émotion a pris le relais, et la volonté n&rsquo;a plus accès aux commandes.</p>



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<div class="wp-block-group is-style-assertion"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi ça arrive, et comment ça prend racine</h2>



<p>Il n&rsquo;y a presque jamais une cause unique. L&rsquo;étude Inserm révèle un tableau systématiquement multifactoriel : plusieurs fragilités qui se combinent jusqu&rsquo;à ce que le système craque.</p>



<p><strong><a href="https://interactologie.fr/harcelement-scolaire-arretez-de-dire-ignore-les-a-votre-enfant/" data-type="post" data-id="2154">Le harcèlement</a> et les moqueries.</strong> Ils sont présents dans près de la moitié des cas de refus scolaire anxieux. On ne parle pas forcément de harcèlement caractérisé : parfois quelques moqueries répétées, une exclusion progressive, une humiliation dont aucun adulte n&rsquo;a vraiment pris la mesure.</p>



<p>Ce qui transforme une situation difficile en impasse, c&rsquo;est un glissement progressif que les systémiciens décrivent précisément : d&rsquo;abord, l&rsquo;enfant tente quelque chose pour s&rsquo;en sortir : il évite / ignore / se tait. Si ça ne marche pas, il recommence, bien souvent dans le même mouvement. L&rsquo;évitement s&rsquo;installe comme seule stratégie disponible. Et à terme, il ne réduit pas l&rsquo;anxiété : il l&rsquo;entretient, car fuir sa peur l&rsquo;amplifie, et tout ceci met l&rsquo;enfant en auto-déception cuisante face à lui-même. <strong>C&rsquo;est précisément ce que décrit Emmanuelle Piquet, psychopraticienne en thérapie brève systémique selon l&rsquo;école de Palo Alto</strong>,<strong> dans ce <a href="https://podcast.ausha.co/la-phobie-scolaire-que-faire/episode-14-l-ecole-de-palo-alto-d-emmanuelle-piquet" target="_blank" rel="noopener">podcast consacré à la phobie scolaire</a></strong> : le refus de l&rsquo;affrontement, notamment des émotions associées à ces situations, alimente en quelque sorte la peur et la transforme en blocage.</p>



<p>Ce que la recherche sur la résilience documente, notamment dans les travaux de Boris Cyrulnik, c&rsquo;est que ce qui différencie les enfants qui traversent l&rsquo;adversité de ceux qui s&rsquo;effondrent tient moins à la gravité de ce qu&rsquo;ils subissent qu&rsquo;aux ressources disponibles autour d&rsquo;eux. <strong>Cyrulnik identifie deux facteurs qui bloquent ce processus : l&rsquo;isolement et le non-sens. </strong>Un des éléments décisifs peut alors être de disposer d&rsquo;une réponse, même imparfaite. Un enfant qui a quelque chose à faire reste dans la dynamique. Un enfant qui n&rsquo;en a pas finit par ne plus pouvoir y retourner.</p>



<p><strong>L&rsquo;anxiété de performance.</strong> La peur d&rsquo;échouer, de passer au tableau, d&rsquo;être évalué devant les autres. Elle est particulièrement fréquente chez les enfants qui ont longtemps réussi facilement, et qui rencontrent pour la première fois une vraie difficulté. 62 % des enfants de l&rsquo;étude Inserm avaient subi une forme de pression scolaire, venant de l&rsquo;établissement, des parents, ou d&rsquo;eux-mêmes.</p>



<p><strong>Les « troubles ».</strong> « Dyslexie », « TDAH », « précocité intellectuelle » : des enfants qui peinent à s&rsquo;adapter au cadre scolaire standard, ou diagnostiqués comme tels, finissent parfois par s&rsquo;effondrer. 44 % des enfants en refus scolaire anxieux ayant passé un bilan de QI dans l&rsquo;étude Inserm étaient « HPI ». D&rsquo;autant que le diagnostic, quand il arrive, peut autant soulager qu&rsquo;enfermer : il explique, mais il peut aussi figer une image de l&rsquo;enfant, aux yeux des adultes, et parfois aux siens.</p>



<p><strong>Un événement déclencheur.</strong> Un deuil, un déménagement, une séparation, un changement d&rsquo;école, une maladie,&#8230; Quelque chose fragilise le sentiment de sécurité et à partir de là, l&rsquo;école devient menaçante. 24 % des enfants de l&rsquo;étude avaient vécu une maladie grave ou un deuil dans les deux ans précédant le début du trouble.</p>



<p><strong>Les pics de fréquence sont bien identifiés :</strong> entrée au CP (angoisse de séparation), entrée en 6e (nouveau groupe social, puberté), classe de 4e ou entrée au lycée (pression scolaire, enjeux d&rsquo;orientation). Mais les spécialistes observent de plus en plus de cas dès le primaire.</p>
</div></div>



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<h2 class="wp-block-heading">Phobie scolaire : faut-il forcer le retour à l&rsquo;école ?</h2>



<p>C&rsquo;est la question que tous les parents se posent. La réponse courte : <strong>ça dépend de l&rsquo;état des choses, mais dans la majorité des cas installés, forcer aggrave le trouble.</strong></p>



<p>L&rsquo;instinct parental, renforcé souvent par l&rsquo;école, est de maintenir la présence coûte que coûte. Pour les cas très récents et légers, une réintégration rapide et ferme peut effectivement fonctionner. Mais dès que le trouble est installé depuis plusieurs semaines, voilà ce qui se passe quand on force : l&rsquo;enfant entre dans un environnement que son cerveau a identifié comme dangereux. Il vit une expérience de détresse supplémentaire. L&rsquo;association école-danger se renforce neurologiquement. La prochaine fois, l&rsquo;anxiété anticipatoire est encore plus intense, et donc la résistance aussi.</p>



<p>L&rsquo;autre réflexe, tout aussi logique : céder pour mettre fin à la crise. L&rsquo;enfant est en panique, vous le gardez à la maison, il se calme immédiatement, promet d&rsquo;y retourner demain. Et demain, la scène recommence. L&rsquo;évitement fonctionne.Le cerveau apprend que rester à la maison fait disparaître l&rsquo;angoisse, et la maison devient le seul endroit sûr. <strong>Le problème, c&rsquo;est que l&rsquo;école devient encore plus menaçante par contraste</strong> : parce qu&rsquo;on ne s&rsquo;y est pas exposé, la peur grossit.</p>



<div class="wp-block-group is-style-scenario-neutre-aulieu"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>AU LIEU DE</p>



<p>Le traîner jusqu&rsquo;au portail chaque matin en se disant que ça finira bien par passer, au risque que l&rsquo;enfant vive un calvaire.</p>
</div></div>



<div class="wp-block-group is-style-scenario-neutre"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>ESSAYER</p>



<p>Partir du principe que si ça ne passe pas, c&rsquo;est que quelque chose maintient le problème en place. Et chercher quoi, avec quelqu&rsquo;un qui connaît ces dynamiques.</p>
</div></div>



<div class="wp-block-group is-style-scenario-neutre-aulieu"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>AU LIEU DE</p>



<p>Laisser la journée à la maison se transformer en journée sans structure (écrans libres, pas d&rsquo;horaire, pour « ne pas en rajouter »).</p>
</div></div>



<div class="wp-block-group is-style-scenario-neutre"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>ESSAYER</p>



<p>Maintenir un cadre clair : heure de lever fixe, travail scolaire maintenu, pas d&rsquo;écrans en journée. Ce cadre n&rsquo;est pas une punition, c&rsquo;est ce qui préserve la possibilité du retour.</p>
</div></div>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-ornement"/>



<div class="wp-block-group is-style-assertion"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<h2 class="wp-block-heading">Comment soigner la phobie scolaire : ce qui fonctionne vraiment</h2>



<p>La phobie scolaire se traite. <strong>Entre 75 et 78% des enfants pris en charge retrouvent un fonctionnement scolaire satisfaisant, selon les résultats cliniques des centres À 180 Degrés &#8211; Chagrin scolaire</strong>, fondés par Emmanuelle Piquet.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Première étape : consulter, sans attendre</strong></h3>



<p>L&rsquo;objectif : trouver un thérapeute qui connaît ces sujets et peut identifier ce qui, précisément, maintient le blocage.</p>



<p>Plusieurs approches ont fait leurs preuves. La thérapie cognitivo-comportementale est la plus documentée dans la littérature scientifique sur le refus scolaire : elle aide l&rsquo;enfant à comprendre le mécanisme de son anxiété et à s&rsquo;exposer progressivement aux situations redoutées. Mais la thérapie brève systémique et stratégique, inspirée de l&rsquo;école de Palo Alto, obtient des résultats cliniques très encourageants : elle s&rsquo;intéresse à l&rsquo;ici et maintenant, et à ce que l&rsquo;enfant et son entourage font pour gérer son anxiété, et qui l&rsquo;aggrave malgré eux. C&rsquo;est précisément ce qu&rsquo;applique Emmanuelle Piquet avec les souffrances scolaires : identifier les tentatives de solution qui entretiennent le blocage, et construire avec l&rsquo;enfant une réponse radicalement différente. <strong>Ici, le principe central est que bien souvent, fuir sa peur l&rsquo;amplifie</strong>. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas d&rsquo;attendre que l&rsquo;anxiété disparaisse pour agir, mais d&rsquo;apprendre paradoxalement à ne plus l&rsquo;éviter, pour la rendre moins submergeante.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comprendre les deux réservoirs</strong></h3>



<p>Emmanuelle Piquet propose une image utile pour les parents : imaginez deux réservoirs. L&rsquo;un contient l&rsquo;envie d&rsquo;aller à l&rsquo;école. L&rsquo;autre, la peur. Tant que la peur dépasse l&rsquo;envie, l&rsquo;enfant est littéralement incapable d&rsquo;y aller, pas par caprice, mais parce que c&rsquo;est la peur qui décide, pas lui.</p>



<p>L&rsquo;objectif thérapeutique est de <strong>faire descendre la peur sous le niveau de l&rsquo;envie</strong>. Pas de la faire disparaître, mais de la rendre moins submergeante. Une fois la peur suffisamment réduite, certains enfants retrouvent naturellement le chemin de l&rsquo;école. D&rsquo;autres découvrent qu&rsquo;ils n&rsquo;en avaient plus vraiment envie, et cette information-là est tout aussi précieuse (on ne tire pas sur une fleur pour la faire pousser).</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="794" height="1024" src="https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/04/fh_bofyn8se-794x1024.jpg" alt="Collégien en refus scolaire anxieux" class="wp-image-1460" srcset="https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/04/fh_bofyn8se-794x1024.jpg 794w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/04/fh_bofyn8se-233x300.jpg 233w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/04/fh_bofyn8se-768x990.jpg 768w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/04/fh_bofyn8se-440x567.jpg 440w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/04/fh_bofyn8se-320x412.jpg 320w, https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/04/fh_bofyn8se.jpg 931w" sizes="(max-width: 794px) 100vw, 794px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le piège du retour progressif classique</strong></h3>



<p>L&rsquo;intuition habituelle : quelques heures par semaine / une demi-journée pour commencer, part d&rsquo;une bonne intention, mais elle produit souvent l&rsquo;effet inverse. Un enfant qui sait qu&rsquo;il n&rsquo;aura à tenir que le matin « prend sur lui » pendant deux heures, puis se détend l&rsquo;après-midi. Il apprend à gérer l&rsquo;évitement, pas à traverser la peur, et le problème de fond reste entier.</p>



<p>La progressivité qui fonctionne est différente : pour certains, elle est d&rsquo;ordre spatial, et elle se joue dans la même journée. Aujourd&rsquo;hui, jusqu&rsquo;au portail. Demain, jusque dans la cour. Après-demain, devant la porte de la classe. Le lendemain, dans la classe. Chaque étape est une petite confrontation réelle avec la peur, pas une façon de l&rsquo;éviter plus confortablement.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle des parents : se déterminer</strong></h3>



<p>La posture la plus difficile à tenir est aussi la plus efficace. Emmanuelle Piquet identifie <strong>un piège fréquent : l&rsquo;oscillation</strong>, où l&rsquo;on switche de « tu devrais vraiment aller à l&rsquo;école » le matin, à « si tu ne peux pas, reste à la maison » le soir. Cette oscillation, compréhensible et épuisante, envoie un double message à l&rsquo;enfant : l&rsquo;école est importante et à la fois, l&rsquo;évitement est possible. Et l&rsquo;on prend le risque d&rsquo;aggraver l&rsquo;anxiété au lieu de la contenir. Une fois la peur suffisamment travaillée en thérapie, les parents doivent se déterminer dans un sens clair, et le tenir.</p>
</div></div>



<h3 class="wp-block-heading">Accompagner le retour</h3>



<p>Le Dr Laelia Benoit, auteure d&rsquo;une étude sur les Trajectoires du refus scolaire anxieux en France, est explicite : le premier pas pour les parents est souvent d&rsquo;accepter que leur enfant ne soit plus scolarisé à temps complet, au moins pendant un temps. En pratique : un Projet d&rsquo;Accueil Individualisé (PAI) négocié avec l&rsquo;établissement, le maintien d&rsquo;un lien avec un adulte référent à l&rsquo;école. Le CNED peut être mobilisé temporairement, mais uniquement comme solution transitoire, jamais comme finalité.</p>



<p>Enfin, un point souvent sous-estimé : l&rsquo;anxiété parentale face à l&rsquo;anxiété de l&rsquo;enfant est une variable à surveiller<strong>.</strong> Quand un parent est lui-même très angoissé par la situation, l&rsquo;enfant peut le capter, et l&rsquo;école lui semble alors encore plus dangereuse si sa propre sécurité affective semble en jeu. Ce n&rsquo;est pas une critique : c&rsquo;est une dynamique. Et comme toutes les dynamiques, elle se modifie. Un soutien pour les parents (association, thérapeute systémicien) peut s&rsquo;avérer utile.</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group is-style-a-eviter"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li>Forcer sans apaiser l&rsquo;anxiété<em>Chaque retour contraint renforce l&rsquo;association école-danger. La boucle s&#8217;emballe dans le mauvais sens.</em></li>



<li>Laisser la maison devenir plus confortable que l&rsquo;école<em>Écrans libres, pas d&rsquo;horaires : les bénéfices secondaires rendent le retour encore plus difficile.</em></li>



<li>Attendre que ça passe tout seul<em>Les signaux précurseurs peuvent précéder la déscolarisation de plusieurs mois ou années. Chaque semaine compte.</em></li>



<li>Douter de la souffrance de l&rsquo;enfant<em>« T&rsquo;exagères », « les autres y arrivent, toi aussi tu peux ». Il le sait déjà&#8230; ça ajoute la honte à l&rsquo;anxiété.</em></li>



<li>Osciller entre forcer et céder<br><em>« Tu dois y aller » le matin, « si tu ne peux pas, reste » le soir. Ce double message aggrave l&rsquo;anxiété au lieu de la contenir.</em></li>
</ul>
</div></div>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<div class="wp-block-group is-style-a-faire"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li>Consulter tôt, avant l&rsquo;effondrement<em>Avec un thérapeute qui connait bien ces sujets. Ne pas attendre que ce soit ingérable.</em></li>



<li>Maintenir un cadre structuré à la maison<em>Heure de lever fixe, travail scolaire maintenu, pas d&rsquo;écrans en journée. Le cadre préserve la possibilité du retour.</em></li>



<li>Préserver le lien avec l&rsquo;école<em>Un adulte référent identifié, des nouvelles régulières, un passage même bref si possible. L&rsquo;école ne doit pas devenir totalement étrangère.</em></li>



<li>Viser une progressivité réelle, pas un évitement confortable<em>Aujourd&rsquo;hui jusqu&rsquo;au portail, demain dans la cour, après-demain devant la classe. Chaque étape est une confrontation avec la peur, pas une façon de l&rsquo;esquiver.</em></li>
</ul>
</div></div>
</div>
</div>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-ornement"/>



<div class="wp-block-group is-style-conclusion"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li>La phobie scolaire n&rsquo;est ni un caprice ni un refus : c&rsquo;est un trouble anxieux réel. Quand la peur dépasse l&rsquo;envie, ce n&rsquo;est plus l&rsquo;enfant qui décide, c&rsquo;est la peur. La volonté ne suffit pas à le surmonter seul.</li>



<li>Les signaux précurseurs : somatisations en semaine, passages à l&rsquo;infirmerie, évitement social progressif,&#8230; apparaissent en moyenne cinq ans avant la déscolarisation. Consulter quand ils apparaissent, pas quand la situation est déjà là.</li>



<li>Fuir sa peur l&rsquo;amplifie. Forcer sans traiter l&rsquo;anxiété sous-jacente amplifie le trouble. Et osciller entre forcer et tout céder est aggravant.</li>



<li>La progressivité qui fonctionne n&rsquo;est pas temporelle mais spatiale : aujourd&rsquo;hui jusqu&rsquo;au portail, demain dans la cour, après-demain devant la classe. Chaque étape est une confrontation réelle avec la peur, pas une façon de l&rsquo;éviter plus confortablement.</li>



<li>Les TCC sont l&rsquo;approche la mieux documentée sur l&rsquo;anxiété scolaire, mais la Thérapie brève systémique montre des résultats cliniques très encourageants : son principe central est d&rsquo;apprendre à ne plus éviter l&rsquo;anxiété, pour la rendre moins submergeante.</li>
</ul>
</div></div>



<p class="is-style-assertion-finale"><em>Un enfant qui ne peut pas aller à l&rsquo;école n&rsquo;a pas besoin qu&rsquo;on lui explique qu&rsquo;il devrait pouvoir. Il a besoin qu&rsquo;on comprenne ce qui l&rsquo;en empêche, et qu&rsquo;on l&rsquo;aide à traverser ce qui lui fait peur, pas à l&rsquo;éviter plus confortablement.</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-ornement"/>



<h2 class="wp-block-heading">Questions fréquentes</h2>



<p class="is-style-faq-question">Qu&rsquo;est-ce que la phobie scolaire exactement ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">La phobie scolaire, terme clinique : refus scolaire anxieux (RSA), est un trouble anxieux sévère qui empêche un enfant ou adolescent de fréquenter l&rsquo;école, malgré une envie sincère d&rsquo;y aller. Ce n&rsquo;est pas un choix délibéré ni un caprice : c&rsquo;est une impossibilité liée à une anxiété intense, souvent accompagnée de symptômes physiques réels (maux de ventre, nausées, vertiges, palpitations). Elle touche entre 1 et 5 % des élèves de la maternelle au lycée, et est en augmentation notable depuis la pandémie de Covid-19.</p>



<p class="is-style-faq-question">Quels sont les signes de la phobie scolaire ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">Les signaux à surveiller, bien avant la déscolarisation complète : maux de ventre ou de tête récurrents les matins de semaine qui disparaissent pendant les vacances, passages fréquents à l&rsquo;infirmerie, demande d&rsquo;entrer par une autre porte ou d&rsquo;éviter la cantine, repli social à l&rsquo;école, notes en baisse inexpliquées, changement de comportement les soirs de semaine. Ces signaux isolés semblent anodins. Ensemble, ils méritent une consultation. Selon l&rsquo;étude Inserm de Laelia Benoit, les premiers symptômes précurseurs apparaissent en moyenne cinq ans avant la déscolarisation complète.</p>



<p class="is-style-faq-question">Phobie scolaire : faut-il forcer l&rsquo;enfant à aller à l&rsquo;école ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">Pour les cas très légers et très précoces, une réintégration rapide peut fonctionner. Mais dès que le trouble est installé, forcer sans traitement de l&rsquo;anxiété aggrave la situation : chaque retour contraint renforce l&rsquo;association école-danger dans le cerveau de l&rsquo;enfant. Les spécialistes sont unanimes : le retour doit être progressif, accompagné d&rsquo;un soutien thérapeutique, et négocié avec l&rsquo;établissement. Forcer brutalement ne résout pas l&rsquo;anxiété, ça l&rsquo;intensifie.</p>



<p class="is-style-faq-question">Comment soigner la phobie scolaire ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">Si les TCC sont l&rsquo;approche la mieux documentée sur l&rsquo;anxiété scolaire, d&rsquo;autres approches, telles la thérapie brève systémique, montrent des résultats cliniques très encourageants : leur principe central est que fuir sa peur l&rsquo;amplifie. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas d&rsquo;attendre que l&rsquo;anxiété disparaisse pour agir, mais d&rsquo;apprendre paradoxalement à ne plus l&rsquo;éviter, pour la rendre moins submergeante. Selon les cas, le retour à l&rsquo;école peut être organisé de façon progressive, spatiale plutôt que temporelle : d&rsquo;abord jusqu&rsquo;au portail, puis dans la cour, puis devant la classe, avec éventuellement un PAI négocié avec l&rsquo;établissement. Le CNED peut être mobilisé temporairement. Entre 75 et 78% des enfants pris en charge retrouvent un fonctionnement scolaire satisfaisant (Centres À 180 Degrés &#8211; Chagrin scolaire).</p>



<p class="is-style-faq-question">Comment puis-je obtenir un certificat de phobie scolaire ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">Il n&rsquo;existe pas de « certificat de phobie scolaire » à proprement parler, mais plusieurs documents peuvent justifier la situation auprès de l&rsquo;Éducation nationale. Le médecin généraliste ou le pédopsychiatre peut rédiger un certificat médical attestant du trouble anxieux et de l&rsquo;impossibilité temporaire de scolarisation. Ce document permet de mettre en place un PAI avec l&rsquo;école, d&rsquo;obtenir un accès au CNED sur prescription (ou de constituer un dossier MDPH si le trouble est sévère et durable). La première étape reste la consultation médicale.</p>



<p class="is-style-faq-question">La phobie scolaire est-elle reconnue par la MDPH ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">Le refus scolaire anxieux n&rsquo;est pas une maladie officiellement codifiée, mais les troubles anxieux sévères associés (trouble anxieux généralisé, dépression, phobie sociale) peuvent être reconnus comme situation de handicap par la MDPH. Un dossier MDPH peut permettre d&rsquo;obtenir une AESH, un aménagement de scolarité ou une orientation vers un établissement médico-social adapté. La démarche nécessite un certificat médical détaillé et une évaluation pluridisciplinaire. Elle n&rsquo;est à envisager que pour les situations les plus sévères et durables&#8230; car il y a le risque de stigmatiser encore davantage le trouble.</p>



<p class="is-style-faq-question">À quel âge commence-t-on à refuser l&rsquo;école ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">La phobie scolaire peut apparaître à tout âge de la scolarité. Trois pics sont bien identifiés : vers 5-7 ans (entrée au CP, angoisse de séparation), vers 11-12 ans (entrée en 6e, puberté) et vers 13-16 ans (pression scolaire, enjeux d&rsquo;orientation). Les spécialistes observent cependant de plus en plus de cas en primaire, et de plus en plus jeunes. Les très jeunes enfants (maternelle) qui pleurent tous les matins présentent plutôt une angoisse de séparation, à distinguer du refus scolaire anxieux proprement dit, qui implique une composante anxieuse plus complexe.</p>



<p class="is-style-faq-question">Quelle est la règle 3-3-3 pour les enfants anxieux ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">La règle 3-3-3 est une technique d&rsquo;ancrage sensoriel utilisée en cas d&rsquo;anxiété aiguë ou de début de crise de panique. Elle consiste à nommer 3 choses qu&rsquo;on voit, 3 sons qu&rsquo;on entend, et à bouger 3 parties de son corps. En détournant l&rsquo;attention des pensées anxieuses vers les sensations présentes, elle aide à calmer le système nerveux et à interrompre la spirale d&rsquo;angoisse. Elle peut être utile à enseigner à un enfant en refus scolaire anxieux pour gérer les moments de montée de panique, le matin au réveil, dans la voiture, devant le portail. Ce n&rsquo;est pas un traitement, mais un outil de premiers secours que l&rsquo;enfant peut utiliser seul. Attention cependant : si elle devient un réflexe systématique pour éviter de ressentir la peur, elle risque de l&rsquo;entretenir plutôt que de la réduire. Dans l&rsquo;approche systémique, l&rsquo;objectif n&rsquo;est pas de contrôler les symptômes mais plutôt d&rsquo;apprendre à les traverser.</p>



<p class="is-style-faq-question">Comment aider mon enfant qui refuse d&rsquo;aller à l&rsquo;école ?</p>



<p class="is-style-faq-reponse">Trois choses concrètes à faire dès maintenant : consulter un médecin ou un thérapeute sans attendre (ne pas laisser la situation s&rsquo;installer), maintenir une structure à la maison même pendant les absences (heure de lever, travail scolaire, pas d&rsquo;écrans), et contacter l&rsquo;école pour préserver le lien et commencer à envisager un aménagement. Ce qu&rsquo;il ne faut pas faire : douter de la souffrance de l&rsquo;enfant, le comparer aux autres, ou osciller entre forcer et tout céder. L&rsquo;association <a href="https://phobie-scolaire.org" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Phobie Scolaire</a> propose également un soutien aux familles et une mise en contact avec des professionnels.</p>



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<h2 class="wp-block-heading"><span id="Pour_aller_plus_loin">Pour aller plus loin</span></h2>


<p><!-- Pour aller plus loin --></p>
<div class="wp-block-group is-style-liens">
<div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul>
<li><a href="https://www.youtube.com/watch?v=st7r-u9-HRo" target="_blank" rel="noopener">Emmanuelle Piquet &#8211; La phobie Scolaire « Adulte, on n&rsquo;imagine pas la souffrance vécue par l&rsquo;enfant » (Parole de Mamans &#8211; YouTube)</a></li>
<li><a href="https://shs.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2005-3-page-98?lang=fr" target="_blank" rel="noopener">Le refus scolaire anxieux &#8211; Cairn, Enfances &amp; Psy</a></li>
<li><a href="https://www.inserm.fr/actualite/phobie-scolaire-effet-de-mode-ou-realite-profonde/" target="_blank" rel="noopener">Phobie scolaire : effet de mode ou réalité profonde ? — Inserm (dossier complet, étude Benoit)</a></li>
<li><a href="https://podcasts.apple.com/fr/podcast/les-adultes-de-demain-r%C3%A9inventer-lenfance-et-l%C3%A9ducation/id1498741069?i=1000645402401" target="_blank" rel="noopener">La phobie scolaire : le burn-out des jeunes ? &#8211; Les adultes de demain (Podcast)</a></li>
<li><a href="https://podcasts.apple.com/fr/podcast/les-adultes-de-demain-r%C3%A9inventer-lenfance-et-l%C3%A9ducation/id1498741069?i=1000468653359" target="_blank" rel="noopener">Sylvie d&rsquo;Esclaibes, la phobie scolaire &#8211; Les adultes de demain (Podcast)</a></li>
<li><a href="https://phobie-scolaire.org" target="_blank" rel="noopener">Association Phobie Scolaire — ressources, soutien aux familles, annuaire de professionnels</a></li>
</ul>
</div>
</div>
<p><!-- Références scientifiques --></p>
<div class="wp-block-group is-style-references">
<div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li>Benoit, L. et al. (2024). Trajectoires du refus scolaire anxieux en France : profils et facteurs associés. <em>CESP / Inserm, Villejuif.</em></li>
<li>Catheline, N. &amp; Raynaud, J.-P. (2016). <em>Les phobies scolaires aujourd&rsquo;hui. Un défi clinique et thérapeutique.</em> Lavoisier / Psychiatrie en pratique.</li>
<li>Kearney, C.A. (2008). School absenteeism and school refusal behavior in youth: a contemporary review. <em>Clinical Psychology Review, 28</em>(3), 451–471.</li>
<li>Denis, H. (2005). Le refus scolaire anxieux : du symptôme au traitement. <em>Neuropsychiatrie de l&rsquo;Enfance et de l&rsquo;Adolescence, 53</em>, 249–257.</li>
<li>Cyrulnik, B. (2013). La résilience : un processus multicausal. <em>Revue française des affaires sociales</em>, 2013/1, p.15-19. DOI : 10.3917/rfas.125.0015</li>
<li>Inserm (2023). Phobie scolaire : effet de mode ou réalité profonde ? <em>Le magazine Inserm, n°55.</em></li>
</ul>
</div>
</div>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://interactologie.fr/phobie-scolaire-ce-nest-pas-un-caprice-et-voila-ce-qui-se-passe-vraiment/feed/</wfw:commentRss>
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			</item>
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