<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Décryptage &#8211; Interactologie</title>
	<atom:link href="https://interactologie.fr/category/decryptage/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://interactologie.fr</link>
	<description>Ce que la science sait des relations, et ce que vous pouvez en faire.</description>
	<lastBuildDate>Mon, 11 May 2026 15:29:15 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://interactologie.fr/wp-content/uploads/2026/04/cropped-favicon-32x32.png</url>
	<title>Décryptage &#8211; Interactologie</title>
	<link>https://interactologie.fr</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Santé mentale des jeunes : ce que les chiffres disent vraiment</title>
		<link>https://interactologie.fr/sante-mentale-des-jeunes-ce-que-les-chiffres-disent-vraiment/</link>
					<comments>https://interactologie.fr/sante-mentale-des-jeunes-ce-que-les-chiffres-disent-vraiment/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 15:29:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
		<category><![CDATA[phobie scolaire]]></category>
		<category><![CDATA[harcèlement entre pairs]]></category>
		<category><![CDATA[anxiété scolaire]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://interactologie.fr/?p=2067</guid>

					<description><![CDATA[En France, 14% des collégiens de 4e-3e et 15% des lycéens présentent un risque élevé de dépression. Près d'une lycéenne sur trois a eu des pensées suicidaires dans l'année. Ces chiffres viennent de l'enquête EnCLASS 2022, la référence nationale sur le sujet. S'ils mesurent des symptômes déclarés, pas des diagnostics cliniques, ils n'en sont pas moins réels.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="intro-extract">En France, 14% des collégiens de 4e-3e et 15% des lycéens présentent un risque élevé de dépression. Près d&rsquo;une lycéenne sur trois a eu des pensées suicidaires dans l&rsquo;année. Ces chiffres viennent de l&rsquo;enquête EnCLASS 2022, la référence nationale sur le sujet. S&rsquo;ils mesurent des symptômes déclarés (et non des diagnostics cliniques), ils n&rsquo;en sont pas moins réels.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="EnCLASS_HBSC_mesures">EnCLASS, HBSC : que mesurent ces enquêtes exactement ?</span></h2>



<p>Posons un peu les bases : <a href="https://ehesp.hal.science/hal-04790436v1" target="_blank" rel="noopener">EnCLASS, c&rsquo;est l&rsquo;Enquête nationale en Collèges et en Lycées chez les Adolescents sur la Santé et les Substances</a>. Elle est conduite par l&rsquo;EHESP et l&rsquo;OFDT en partenariat avec l&rsquo;Éducation nationale, publiée par Santé publique France. Le volet santé mentale de la vague 2022 a été rendu public en avril 2024, à partir de 9 337 questionnaires remplis par des élèves du secondaire dans 237 établissements de France hexagonale.</p>



<p>La méthode compte. Les élèves répondent anonymement, en ligne, sur ce qu&rsquo;ils vivent au moment de l&rsquo;enquête. <strong>Ce que l&rsquo;enquête mesure, ce sont des symptômes ressentis et déclarés</strong>, pas des diagnostics posés par un médecin. C&rsquo;est précisément ce qui en fait la valeur : on entend directement les adolescents sur leur propre expérience, sans filtre parental ni médical. Le ressenti n&rsquo;est pas une donnée de second rang.</p>



<p>Le « risque important de dépression » est alors calculé à partir de l&rsquo;échelle ADRS : dix affirmations sur lesquelles les élèves se prononcent par vrai ou faux. Un score supérieur à 7 déclenche la catégorie « risque important ». Ce seuil a une valeur épidémiologique reconnue. Il n&rsquo;indique pas qu&rsquo;un élève est cliniquement dépressif, mais il indique que quelque chose ne va pas, que ça se répète, et en extrapolant, que tout ça touche une part significative d&rsquo;une génération.</p>



<p><a href="https://www.who.int/europe/publications/i/item/9789289060356" target="_blank" rel="noopener">HBSC (Health Behaviour in School-aged Children)</a> fonctionne de la même façon : cette enquête internationale est conduite sous l&rsquo;égide de l&rsquo;OMS Europe, tous les quatre ans, auprès de jeunes de 11, 13 et 15 ans dans 44 pays. La vague 2021/2022 a couvert 279 117 adolescents. EnCLASS intègre le protocole HBSC depuis 2018, ce qui rend les comparaisons dans le temps possibles, et c&rsquo;est là que les évolutions deviennent difficiles à ignorer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="chiffres_qui_tiennent">Santé mentale des jeunes : les chiffres qui tiennent vraiment</span></h2>



<p>Voilà ce que EnCLASS 2022 dit, chiffres vérifiés dans le rapport complet (et pas seulement dans son communiqué de presse).</p>



<p>En France, 14% des collégiens de 4e-3e et 15,4% des lycéens présentent un risque important de dépression. Derrière cette moyenne, les écarts entre filles et garçons sont frappants : au collège, 21,4% des filles contre 6,9% des garçons. Au lycée, 22,7% des filles contre 8%. <strong>Les filles sont donc deux à trois fois plus concernées selon les niveaux, et cet écart s&rsquo;est creusé depuis 2018</strong>.</p>



<p class="is-style-assertion">Entre 2018 et 2022, le risque dépressif a augmenté de 8 points chez les collégiennes, de 5 points chez les lycéennes. Les plaintes récurrentes (nervosité, troubles du sommeil, déprime) ont progressé de 14 points chez les filles au collège sur la même période.</p>



<p>Sur les comportements suicidaires, mesurés uniquement chez les lycéens : <strong>24,2% déclarent des pensées suicidaires dans les douze derniers mois. Chez les lycéennes, ce chiffre monte à 30,9% &#8211; près d&rsquo;une sur trois ! </strong>12,9% des lycéens déclarent une tentative de suicide au cours de leur vie ; chez les filles, 17,4%. Ces chiffres sont en hausse depuis 2018 : +7 points chez les lycéennes pour les pensées suicidaires sur quatre ans.</p>



<p>Le <strong>sentiment de solitude</strong> suit la même courbe : près d&rsquo;une lycéenne sur quatre déclare un sentiment de solitude fréquent. La solitude augmente tout au long de la scolarité, avec un décrochage particulièrement net chez les filles entre la 6e et la 3e.</p>



<p><a href="https://www.ofdt.fr/publication/2023/les-drogues-17-ans-analyse-de-l-enquete-escapad-2022-562" target="_blank" rel="noopener">Escapad 2022, enquête de l&rsquo;OFDT</a> menée auprès de 23 701 jeunes de 17 ans lors de la Journée Défense et Citoyenneté, pointe dans la même direction : 9,5% présentaient des symptômes anxio-dépressifs sévères en 2022, contre 4,5% en 2017. Les pensées suicidaires dans l&rsquo;année touchaient 18% d&rsquo;entre eux, contre 11% cinq ans plus tôt.</p>



<p>Un dernier chiffre : 59% des collégiens et 51% des lycéens présentent un « bon niveau de bien-être mental » selon l&rsquo;indice WHO-5. Ce n&rsquo;est pas rien&#8230; mais l&rsquo;on conviendra que c&rsquo;est une majorité courte, et elle recule.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="chiffres_nuances">Pourquoi les chiffres sur la santé mentale des jeunes sont plus nuancés qu&rsquo;on ne le dit</span></h2>



<p>Deux points méthodologiques importants figurent dans le rapport EnCLASS lui-même, pages 16 et 17, et sont systématiquement absents des reprises publiques.</p>



<p>Le premier : EnCLASS est une enquête transversale répétée, pas une enquête longitudinale. Cela signifie qu&rsquo;on ne suit pas les mêmes élèves dans le temps : on compare des générations successives, interrogées au même moment. Les courbes d&rsquo;évolution entre 2018 et 2022 ne décrivent pas ce qui arrive à un même groupe d&rsquo;élèves en vieillissant. <strong>Elles comparent des cohortes différentes</strong>, et c&rsquo;est loin d&rsquo;être anodin pour interpréter les tendances.</p>



<p>Le second, que les auteurs formulent eux-mêmes : il n&rsquo;est pas exclu que les résultats indiquent aussi que <strong>les nouvelles générations expriment plus facilement leur souffrance et sont plus ouvertes au dialogue </strong>que les générations précédentes, et que la médiatisation du sujet de la santé mentale a facilité l&rsquo;expression de symptômes dans les enquêtes. Cette hypothèse ne nie pas la réalité des difficultés mesurées, mais elle invite à ne pas confondre une hausse des déclarations avec une hausse mécanique des troubles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span id="sources_incomparables">Dépression adolescents, urgences, sondages : trois sources qu&rsquo;on ne peut pas comparer</span></h2>



<p>Dans le débat public autour de la santé mentale des jeunes, trois types de données circulent souvent dans le même souffle, mais il faut bien voir qu&rsquo;elles ne mesurent pas la même chose.</p>



<p>EnCLASS et HBSC mesurent <strong>le ressenti déclaré par les jeunes eux-mêmes</strong>, sur la base de questionnaires standardisés et validés scientifiquement. C&rsquo;est le niveau de données le plus rigoureux sur la prévalence perçue. Les chiffres de 14-15% et de 59% viennent de là.</p>



<p>Les données hospitalières OSCOUR et SOS Médecins mesurent <strong>des actes médicaux réels</strong> : passages aux urgences pour geste suicidaire, idées suicidaires, troubles de l&rsquo;humeur. Ces données ont une réalité clinique que les questionnaires n&rsquo;ont pas : quelqu&rsquo;un s&rsquo;est présenté dans un service. Elles ne disent rien sur la prévalence des troubles dans la population générale, mais elles confirment une hausse des situations de crise prises en charge.</p>



<p>La <a href="https://my.unicef.fr/article/consultation-nationale-2024/" target="_blank" rel="noopener">Consultation nationale des 6-18 ans d&rsquo;Unicef France</a> (2024, 20 000 enfants) indique que 31% ont déjà pensé au suicide. Ce chiffre n&rsquo;est pas comparable au 24% d&rsquo;EnCLASS : les populations, les tranches d&rsquo;âge, les modalités de recueil et les questions posées sont différentes. La consultation Unicef est <strong>un outil de participation citoyenne</strong>, pas une enquête épidémiologique.</p>



<p>Les rapports institutionnels (HCFEA, Assises de la pédiatrie), eux, compilent et amplifient ces données dans une <strong>logique de plaidoyer politique</strong>. Leur rôle est de faire pression pour des moyens supplémentaires, ce qui est légitime. Mais ils ne produisent pas de données primaires et mélangent parfois les niveaux de preuve sans le signaler.</p>



<p>Que retenir de tout cela ? <strong>Que la souffrance psychique des adolescents français est réelle, mesurable, et en hausse depuis 2018 selon les indicateurs les plus solides. Que les filles sont systématiquement plus touchées que les garçons (ou en tous cas, elles se déclarent comme telles) sur tous les indicateurs. </strong>Et que lire les chiffres correctement (ce qu&rsquo;ils mesurent, comment, avec quelles limites) est la condition minimale pour <em>in fine</em> en tirer des politiques publiques qui correspondent à ce qui se passe vraiment.</p>



<p class="is-style-assertion">En cas de mal-être ou de pensées suicidaires (pour soi ou pour un proche), le <a href="https://3114.fr" target="_blank" rel="noopener">3114</a> répond 24h/24, gratuitement et en toute confidentialité.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-ornement"/>



<div class="wp-block-group is-style-references"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<ul class="wp-block-list">
<li>Léon C., Godeau E., Spilka S., Gillaizeau I., Beck F. (2024). La santé mentale et le bien-être des collégiens et lycéens en France hexagonale. Résultats de l&rsquo;Enquête EnCLASS 2022. <em>Le point sur</em>, Santé publique France, 17 p.</li>



<li>Cosma A., Abdrakhmanova S., Taut D., Schrijvers K., Catunda C., Schnohr C. (2023). A focus on adolescent mental health and well-being in Europe, central Asia and Canada. <em>Health Behaviour in School-aged Children international report from the 2021/2022 survey, Volume 1</em>. WHO Regional Office for Europe.</li>



<li>OFDT (2023). Les drogues à 17 ans : analyse de l&rsquo;enquête ESCAPAD 2022. <em>Tendances</em>, n°155.</li>



<li>Conseil de l&rsquo;enfance et de l&rsquo;adolescence, HCFEA (2024). Santé mentale, Grande cause nationale 2025 : le HCFEA poursuit ses travaux et renouvelle l&rsquo;alerte. Avis adopté le 21 novembre 2024.</li>
</ul>
</div></div>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://interactologie.fr/sante-mentale-des-jeunes-ce-que-les-chiffres-disent-vraiment/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
